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© La jeune fille à la plaquette de pilule - Katie Little - Fotolia
Pilule sans ordonnance : des pharmaciens reviennent à la charge
Bis repetita. Le Collectif des Pharmaciens est de nouveau monté au créneau au twittant le 3 juillet à Agnès Buzyn un projet de modification d’arrêté visant à délivrer la pilule contraceptive sans ordonnance. Il s’agirait uniquement des pilules progestatives. En avril 2017, le même collectif avait déjà présenté cette demande dans une lettre ouverte à la ministre de la Santé. L’initiative baptisée « Libérez ma pilule » avait alors suscité la polémique, les gynécologues s’y opposant, et était restée sans réponse.
Pour Clara de Bort, membre du collectif interrogée par Le Moniteur des pharmacies, la délivrance sans ordonnance par les pharmaciens serait « une voie supplémentaire d’accès à la contraception pour les femmes ». Elle avance plusieurs arguments en faveur de cette délivrance sans prescription : « Il faut arrêter de considérer les femmes comme des personnes irresponsables. La dangerosité de la pilule progestative est beaucoup moins importante que celle d’autres médicaments. Le pharmacien est un professionnel de santé, un spécialiste du médicament. Certains estiment que la confidentialité ne serait pas respectée dans la pharmacie, mais c’est faux ! Les pharmaciens disposent de plus d’un réseau sur tout le territoire et connaissent les patients. On va plus souvent chez le pharmacien que chez le médecin ! Il ne s’agit pas de vendre la pilule comme des bonbons ! Le paracétamol est bien vendu sans ordonnance… ».
La vente de la pilule sans ordonnance ne suscite pourtant pas l’adhésion de tous les pharmaciens. « La réglementation s’est assouplie. Les pharmaciens peuvent renouveler la pilule six mois de plus pour les ordonnances datant de moins d’un an. Nous pouvons assurer la continuité des soins. Mais l’initiation d’un traitement à la pharmacie ne me paraît pas la plus pertinente », estime ainsi Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), qui juge aussi qu’il ne s’agit pas du « meilleur combat à mener en ce moment ». Selon Clara de Bort, l’initiation de la contraception ne nécessite pas forcément une consultation médicale : « Les jeunes filles qui se rendent au Planning familial ne voient pas un médecin ».
Pour l’heure, Agnès Buzyn n’a pas répondu au tweet du Collectif des Pharmaciens.
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