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Pharmacien correspondant : pour les médecins, c’est niet !
La parution du décret relatif au pharmacien correspondant a mis les médecins généralistes dans tous leurs états. Le SML (Syndicat des médecins libéraux) a ainsi appelé le 2 juin ses confrères « à résister ». Le syndicat « invite tous les médecins à inscrire systématiquement la mention » ordonnance non modifiable » sur leurs prescription ». Le 3 juin, c’est l’Ordre des médecins qui montait au créneau. Plus mesuré dans ses propos, il « appelle à une réflexion globale plutôt qu’à une multiplication de mesures éparses ». Le 7 juin, l’UFML Syndicat (syndicat de l’union française pour une médecine libre) a également réagi très vivement en demandant « à tous ses adhérents et, au-delà, à tous les médecins libéraux d’entrer en contact avec leurs pharmaciens et de leur interdire de » renouveler » ou modifier les ordonnances des patients dont ils élaborent les soins ». Le syndicat des généralistes CSMF (Confédération des syndicats médicaux français) ne compte pas diffuser de communiqué au sujet du pharmacien correspondant, mais son président, Luc Duquesnel, constate que les médecins traitants et les médecins généralistes « sont scandalisés » par ce décret.
En fait, deux raisons incitent les médecins à s’arcbouter. La première et la plus importante est, comme l’exprime l’Ordre des médecins, la modification du périmètre métier des professions de santé. « En réalité, prétextant l’exercice coordonné, le gouvernement transfère au pharmacien la prise en charge des patients chroniques. Il limite ainsi l’accès des patients concernés au médecin traitant », explique de son côté le SML. Pour l’UFML Syndicat, « les mots ont un sens : il n’y a pas de » renouvellement » d’ordonnance en pratique médicale, mais des réévaluations de traitements entrant dans le cadre d’un suivi chronique des patients ».
La deuxième raison est le manque de concertation. « Les syndicats médicaux représentatifs n’ont aucunement été associés à ce texte », souligne Luc Duquesnel. L’Ordre des médecins évoque de son côté « la multiplication des décisions circonstancielles et ponctuelles qui ne peuvent être un mode de gouvernance du système de santé ». Face à ce constat, l’UFML Syndicat appelle ainsi les syndicats représentatifs de médecins et de pharmaciens à se rencontrer afin d’élaborer « une charte de délimitation de leurs métiers respectifs ».
Le président des Généralistes CSMF pointe aussi la communication autour de ce texte : « On ne parle pas du fait que le pharmacien correspondant s’inscrit dans un exercice coordonné avec l’accord du médecin traitant. C’est ce que je réponds aux médecins qui s’adressent à moi : si vous n’êtes pas d’accord, il ne se passera rien ». Et d’ajouter : « Ce décret va avoir des effets catastrophiques. C’est un chiffon rouge agité au nez des médecins. Si on avait voulu opposer pharmaciens et médecins, on ne s’y serait pas pris autrement. Aucun médecin ne sera d’accord pour avoir un pharmacien correspondant. Ce texte ne fait pas avancer l’exercice coordonné ». L’UFML Syndicat souhaite quant à lui recueillir des témoignages de médecins dont les ordonnances auraient été modifiées sans leur accord pour organiser des actions.
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