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Paroles de présidents
« QUE L’ÉTAT CESSE DE NOUS REPRENDRE D’UNE MAIN CE QUE L’ASSURANCE MALADIE NOUS DONNE DE L’AUTRE »
PHILIPPE BESSET Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF)
En 2022, les Français vont élire un président de la République et les pharmaciens bénéficieront d’un nouveau cadre conventionnel pour les cinq ans à venir. Cette convention avec l’Assurance maladie doit prendre en compte tous les actes que nous avons accomplis durant la crise sanitaire, en particulier en matière de vaccination et de dépistage. La pharmacie doit devenir le lieu de la prévention et de l’éducation thérapeutique. Il est nécessaire que de nouveaux actes soient introduits, tels que le portage à domicile des médicaments, la préparation des doses à administrer, ou tout ce qui peut être réalisé en coopération avec les autres professionnels de santé. Toutes ces évolutions ne pourront se faire sans une enveloppe financière permettant de rémunérer ces nouveaux actes et de revaloriser ceux existant. L’un des enjeux de cette convention sera le déploiement des missions qui nous sont confiées. Aujourd’hui, elles ne sont mises en place que par une partie de la profession, les autres n’y allant pas le plus souvent par manque de personnel. Il faut redonner des marges de manœuvre à nos entreprises pour leur permettre d’embaucher et de répondre aux besoins de santé de la population. Et que l’Etat cesse de nous reprendre d’une main ce que l’Assurance maladie nous donne de l’autre. Ces dernières années, notre économie s’est dégradée et nous avons résisté seulement parce que le nombre d’officines a diminué. 2022 est propice à changer la donne.
« NOUS SOUHAITONS OBTENIR DES SERVICES CONCRETS ET FACILES À METTRE EN PLACE »
PIERRE-OLIVIER VARIOT Président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO)
Plusieurs chantiers cruciaux ont récemment été lancés, ils modèleront la pharmacie d’officine pour les prochaines années. Les négociations conventionnelles viennent de débuter avec l’Assurance maladie et nous avons proposé au ministre de la Santé et à l’Assurance maladie des mesures ambitieuses pour la profession.
D’une part, nous souhaitons poursuivre la réforme économique entrée en vigueur en 2018 en diversifiant et en renforçant les honoraires de dispensation liés à l’ordonnance ; d’autre part, nous demandons que le rôle accru et les compétences des pharmaciens dans le bon usage du médicament, l’accompagnement des patients, la prévention et le dépistage soient valorisés. Les missions dérogatoires accordées pendant la crise sanitaire aux pharmacies doivent également être pérennisées. Nous souhaitons obtenir des services concrets et faciles à mettre en place.
Au-delà des négociations conventionnelles, les députés ont adopté, dans le cadre du PLFSS 2022, la substitution des dispositifs médicaux et la prise en charge par l’Assurance maladie des substituts nicotiniques conseillés par le pharmacien, et ce en l’absence de prescription. Nous travaillerons dans les prochains mois à la mise en œuvre rapide de ces avancées.
Enfin, dans le cadre du Ségur du numérique, nous construisons avec le ministère de la Santé un cahier des charges opposable aux éditeurs de logiciels, qui devra être publié avant la fin de l’année. Les logiciels de gestion officinaux (LGO) doivent s’adapter à l’évolution de notre activité, nous faire gagner du temps en évitant les doubles saisies et simplifier les échanges avec les autres professionnels de santé.
« A QUOI RESSEMBLERA L’ÉCONOMIE POST-COVID-19 ? »
CHRISTOPHE LE GALL Président de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF)
Chiffres d’affaires en hausse, augmentation de la rentabilité, productivité boostée… La pharmacie d’officine semble s’être bien adaptée à la crise sanitaire et pourrait même donner l’illusion d’en ressortir plus forte. Pourtant, ce bilan positif, largement véhiculé par les représentants de la profession, cache des failles et soulève des questions quant à l’avenir.
En effet, si une majorité des pharmacies françaises s’en sortent plutôt bien, qu’en est-il de celles qui ont subi de plein fouet l’exode durant le confinement et le télétravail ? L’UNPF demande l’instauration d’un coefficient de majoration pour les zones les plus touchées comme l’Ile-de-France.
Si les chiffres sont au vert, quid des indicateurs une fois que les titulaires auront remboursé leurs emprunts et payé leurs charges sociales ? En clair, à quoi ressemblera l’économie post-Covid-19 ? Car malgré l’implication des équipes et l’agilité dont ont fait preuve les pharmaciens pour répondre au mieux aux besoins de leurs patients, la simplification des procédures amorcée pendant la crise est aujourd’hui complètement remise en cause. Le réseau officinal est essentiel, il l’a prouvé. Mais que compte faire le gouvernement pour le consolider et anticiper de futures crises ? L’UNPF demande que la nouvelle convention préserve le maillage et l’accès à la profession en revalorisant le métier avec une rémunération cohérente, seule solution pour garantir l’attractivité de la profession et le maintien d’un exercice de qualité.
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