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Guerre en Ukraine : quelle prise en charge à l’officine pour les réfugiés ?
Depuis le début de l’invasion russe le 23 février dernier, 7 000 réfugiés ukrainiens seraient déjà arrivés en France. Et le rythme devrait s’accélérer, le gouvernement tablant sur 50 000 à 100 000 nouvelles arrivées dans les semaines qui viennent. Suite à la décision de l’Union européenne d’activer la directive de protection temporaire, ces réfugiés en provenance d’Ukraine peuvent, dès leur arrivée en France, déposer un dossier en préfecture pour bénéficier d’un droit de séjour d’un an, avec une possibilité de prolongation de deux ans maximum. « Ce dispositif permet aussi, dès la délivrance de l’Autorisation provisoire de séjour (APS), d’accéder au marché du travail et de bénéficier des conditions matérielles d’accueil de l’Office français de l’immigration et de l’intégration : places d’hébergements, versement de l’allocation de demande d’asile pour les personnes dont les ressources sont inférieures au RSA… », précise Ekrame Boubtane, maître de conférences à l’université Clermont-Auvergne (Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme), économiste et spécialiste des questions liées aux migrations internationales.
Avec l’autorisation provisoire de séjour, les réfugiés ukrainiens bénéficient d’une protection sociale
La protection temporaire ouvre aussi l’accès aux soins puisqu’elle donnerait a priori accès à la Protection universelle maladie (Puma), sans le délai de carence de trois mois appliqué depuis 2018 aux demandeurs d’asile, et à la complémentaire santé solidaire. « Pour en bénéficier, les réfugiés ukrainiens doivent en faire la demande auprès de la Sécurité sociale, après avoir obtenu l’APS protection temporaire », souligne Ekrame Boubtane. Ils seront alors affiliés temporairement à l’Assurance maladie et bénéficieront d’une prise en charge des soins, y compris des soins non urgents en ville. Ils auront normalement une carte qu’ils devront présenter en pharmacie pour que celle-ci puisse facturer les médicaments sous ordonnance directement à la Sécurité sociale ».
Faire une liste des permanences d’accès aux soins de santé dans son périmètre
En attendant l’obtention de l’attestation de droit à la Sécurité sociale, ils peuvent être pris en charge dans les permanences d’accès aux soins de santé pour tous les soins urgents. « Sur ce point, j’invite d’ailleurs les pharmaciens à constituer une liste des permanences installées à proximité de leur officine, et des associations qui peuvent aider les réfugiés dans leurs démarches. Liste qu’ils pourront remettre aux personnes ayant besoin de soins urgents », suggère Ekrame Boubtane qui rappelle également que le dispositif de protection temporaire n’empêche pas de déposer en parallèle une demande d’asile. « Une fois la demande instruite et acceptée, les personnes bénéficient alors de la protection subsidiaire, et ont droit à une carte de séjour pluriannuelle d’une durée maximale de quatre ans. Cette carte de séjour permettant l’installation temporaire des réfugiés dans de meilleures conditions », conclut Ekrame Boubtane.
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