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Militant, passionnément
Débattre, transmettre, convaincre… Mickaël Garçon conjugue ces verbes avec une énergie indestructible dans toutes ses activités dans les mondes professionnel, politique et associatif.
A l’âge où les jeux vidéo occupaient ses camarades de classe les mercredis, Mickaël préférait les retransmissions des débats de l’Assemblée nationale et la séance des questions au gouvernement. « Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été attiré par la chose publique, confie-t-il. Ma mère et ma grand-mère m’ont transmis cet attachement. Je me passionnais aussi pour L’heure de vérité. » Le préparateur du Val-de-Marne trouve ainsi l’origine de son engagement militant et sa raison d’être au service des autres.
Petite commune et grande pharmacie. Résidant à Joinville-le-Pont, ville pavillonnaire en bord de Marne, Mickaël Garçon travaille depuis 2003 dans une grande officine de l’un des centres commerciaux les plus importants du département, à Créteil. « Nous sommes environ une quarantaine, répartis sur deux entités, à Créteil-Soleil. » Il apprécie le fonctionnement quasi familial et chaleureux de l’équipe : « Je sais gré à mes employeurs, M. et Mme Soumet, de leur qualité d’écoute et de respect humain. » La mixité et la diversité ethnique des employés répondent à celles de la clientèle. Cette ouverture lui plaît. « Venant d’horizons très différents, parfois avec des ordonnances de l’étranger, les clients nous donnent l’occasion de réfléchir sur les habitudes de prescription. » La monotonie lui est inconnue : « Chaque jour amène une situation nouvelle, il faut s’adapter sans arrêt, pour conseiller et aider. »
Les symboles de la République. Quand il n’est pas au comptoir, Mickaël se fait militant. Engagé dans les rangs de l’UMP depuis 2007, il ne compte pas ses heures pour participer à des réunions, distribuer des tracts, porter la bonne parole. « Au fond, il y a une similitude avec mon travail. Il s’agit toujours de contacts avec les gens, d’échanges, de discussions. » Avec pour motivation, le désir de faire avancer ses idées, ses valeurs, sa conception de l’État. Il est tombé très tôt dans la marmite républicaine : « Je garde en mémoire les fêtes du bicentenaire de la Révolution en 1989. J’avais accroché aux murs de ma chambre cocardes, drapeaux et bonnet phrygien. » Si l’école ne lui a pas laissé beaucoup de bons souvenirs, il a suivi en revanche avec passion les cours d’instruction civique. Il n’aura de cesse d’approfondir ses connaissances, sans se laisser rebuter par les ouvrages de droit. « J’ai voté pour la première fois en 1995. Je m’étais acheté la Constitution pour comprendre les enjeux du vote. » Sa détermination et son moral sont sans faille, même par temps de revers électoraux… N’a-t-il pas coutume de se battre ?
Rescapé du système scolaire. Mickaël évoque ses années d’école, ternes et jalonnées de difficultés : « Je crois que je n’avais pas compris ce qu’on attendait de moi. ». La sanction tombe avec une orientation vers un CAP de plomberie. « J’ai été catalogué non intellectuel, donc manuel. » En apprentissage, Mickaël ne se sent pas à sa place. Cela lui « fera l’effet d’un électrochoc ». En quête d’un autre univers, il découvre au détour d’un salon la formation de préparateur, à l’époque sur cinq ans. « Je prends alors conscience que j’étais capable ». Sa fierté retrouvée, il passe un bac scientifique en cours du soir et, dans la foulée, réussit le concours d’entrée en podologie. Après trois années où il combine études et officine, l’essoufflement se fait sentir. Il abandonne avant d’obtenir le diplôme d’État. Un échec dont il fait une lecture positive. Il est rassuré sur ses capacités. Persuadé que la volonté est la clé de la réussite.
Un train de sénateur ? Mickaël est prêt à gravir patiemment les marches d’une carrière politique au contact du terrain. Il a déjà figuré sur une liste aux élections municipales dans sa commune de Joinville en 2008. « J’étais en dernière position, donc inéligible, mais je sais qu’il faut en passer par là », note-t-il, philosophe, évoquant son ambition personnelle avec réalisme. « Je n’aspire pas à devenir président de la République, bien sûr ! » Son souhait est d’améliorer le quotidien de ses concitoyens. Ses prochaines échéances sont les municipales de 2014. Plus loin, il se voit endosser un costume de conseiller régional ou de sénateur. Ce natif d’Aix-en-Provence, « monté » en région parisienne à l’âge de 10 ans, se plaît à imaginer une retraite dans le Sud où il conserve des attaches familiales.
Au nom de l’intérêt général. La perspective, même lointaine, d’une retraite inactive ne convient pas à ce trentenaire hyperactif. Mickaël a une troisième vie dans le milieu associatif de Joinville, au Lion’s Club, tout d’abord. Loin du cliché « institution de notables », il a choisi de s’y engager pour l’esprit qui y règne, le don de soi, le service des autres. Il est devenu trésorier puis vice-président de sa section. Outre la participation annuelle à la collecte pour la Banque alimentaire, la récolte de fonds pour des associations s’organise autour de lotos, de tournois de golf. Il fait baisser la moyenne d’âge des membres du club joinvillais et note qu’il « apporte du sang neuf et bénéficie en retour de l’expérience des plus anciens ». La transmission est aussi le maître mot de l’association « La mémoire au présent », qu’il a fondée en 2010 afin de sensibiliser à la sauvegarde du patrimoine de sa commune. « L’avenir à Joinville ne se construit pas sans racines », indique le site de l’association, qui œuvre notamment à travers le montage d’expositions. Après un thème institutionnel sur les maires qui lui a demandé des heures de recherches aux archives départementales, Mickaël prépare pour le mois de septembre une rétrospective sur les fameux studios de cinéma de Joinville. L’inlassable militant s’apprête à lancer un « Moteur ! » riche de convictions.
portrait chinois
Si vous étiez un végétal ? Une verveine odorante, apaisante. Contre les conflits. J’aime gérer les situations difficiles comme médiateur. Les résistances m’incitent à continuer. Je suis calme.
Une forme galénique ? Une pilule. Il y en a de difficiles à avaler dans le militantisme et à faire passer. L’expression « se dorer la pilule » est loin de mon côté organisé, contrôlé. Je n’aime pas le hasard.
Un médicament ? Un anticoagulant pour rappeler à ceux qui nous poussent dans nos retranchements de ne pas pousser le bouchon trop loin. Il faut rester calme et serein.
Un dispositif médical ? Une seringue pour le piston. Il ne réussit pas toujours en politique car les compétences comptent aussi. Je préfère y arriver par moi-même, même si certains tentent de me marcher dessus. Je ne me laisse pas faire !
Un vaccin ? Contre ceux qui me prennent en grippe. La politique est un milieu difficile, où l’ambition personnelle prend le pas sur les idées. Les coups bas sont légion.
Une partie du corps ? Les yeux. Le regard est ce qu’il y a de plus expressif. Il traduit l’expression de la pensée, comme « être droit dans ses bottes ». Je suis intègre.
Mickaël Garçon
Âge : 35 ans.
Formation : préparateur en pharmacie.
Lieu d’exercice : Créteil (Val-de-Marne).
Ce qui le motive : aller toujours plus haut et plus fort.
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