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Publié le 17 février 2018 | modifié le 28 décembre 2024
Par Francois Pouzaud
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Après l’affaire Lactalis, serez-vous plus vigilant sur les prochains retraits de lots ?

Je suis rentré dans ma cinquième année de démarche qualité par le biais de mon groupement Giropharm et suis certifié ISO 9001- QMS Pharma. S’agissant de la procédure « retrait de lots », nous la suivons à la lettre. Mon pharmacien adjoint, qui est responsable assurance qualité, enregistre et consigne toutes les alertes sanitaires dans un classeur, gère les retrait de lots. Cette procédure est bien en place et bien rodée, même si personne n’est jamais à l’abri d’une erreur. Lactalis est ma première marque de laits, et quand j’ai appris les cas de contamination par des salmonelles, je ne me suis pas posé de questions. Je trouve scandaleux que certaines grandes surfaces aient laissé des lots en vente pour ne pas perdre d’argent. Nous avons reçu trois alertes sanitaires pour des lots différents puis pour l’ensemble de la collection, je comprends que cela ait pu perturber des officines, d’où la nécessité de se montrer encore plus vigilant.

Patrick Desert, Saint-Samson-de-Bonfossé (Manche)

Guy Vaganay, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)

La pharmacie n’a pas failli à ses devoirs à l’exception d’une petite quinzaine de confrères. Je trouve que l’Ordre des pharmaciens les a sévèrement condamnés sans vraiment s’être penché sur la réalité des choses, mais politiquement parlant, cette instance ne pouvait pas agir autrement. Dans ma pharmacie, nous sommes trois cotitulaires et le personnel est en nombre suffisant. Nous recevons en moyenne près d’une alerte par jour et en sommes informés par plusieurs canaux : le DP, le répartiteur voire parfois le laboratoire. Difficile de passer à côté. En revanche, je trouve des circonstances atténuantes pour les petites pharmacies en souffrance, où souvent le titulaire travaille seul et ne peut donc pas faire face à tout ce qu’on lui demande. La solution consisterait à bloquer les codes Datamatrix des produits à retirer de la vente pour que l’on ne puisse pas les scanner.

Avec le logiciel informatique, la pharmacie est très vite avertie d’une alerte sanitaire. Le bon de retrait est imprimé et il est traité tout de suite. J’ai un diplôme universitaire en qualité, ce qui m’a aidé à rédiger des procédures internes sans que pour autant mon officine soit certifiée. Toute l’équipe ou presque les connaît par cœur et chaque nouveau salarié est formé à ces procédures dès son entrée. Nous sommes donc très vigilants sur les retraits, quels qu’ils soient. Cependant, l’affaire Lactalis, par son ampleur, nous interpelle et incite à prêter davantage attention. Ce sujet est à l’ordre du jour de notre prochaine réunion d’équipe : nous allons regarder si notre procédure de retrait a besoin d’être réactualisée ou pas.

Françoise Bécart, Bourbourg (Nord)