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Quel antiépileptique utiliser chez la femme enceinte ?
On le sait, le valproate de sodium et ses dérivés ne doivent pas être utilisés chez la femme enceinte. L’étude pharmaco-épidémiologique de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), rendue publique le 22 juin 2018, a confirmé les risques de troubles neurodéveloppementaux précoces pour les enfants exposés in utero : 4 à 5 fois plus de risques de troubles mentaux et du comportement (troubles du spectre autistique, retard mental, troubles des fonctions cognitives et de leurs acquisitions…) par rapport à des enfants non exposés, et jusqu’à 8 ou 10 fois plus en cas d’utilisation des doses les plus fortes de valproate. Qu’en est-il des autres traitements antiépileptiques ? L’étude, qui a inclus plus de 1,7 million d’enfants nés entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2014 – dont plus de 8 800 exposés à une monothérapie antiépileptique pendant la grossesse -, suivis jusqu’à l’âge de 3,6 ans en moyenne, apporte quelques réponses. Ainsi, la lamotrigine présente trois fois moins de risques que le valproate, mais augmente tout de même de 1,6 fois le risque de retard mental et de troubles du développement psychologique par rapport à des enfants non exposés. Cette association pourrait toutefois s’expliquer par une maladie psychiatrique maternelle et/ou des caractéristiques qui lui sont associées, car elle n’est pas retrouvée chez les enfants nés de mère sans maladie psychiatrique identifiée. En revanche, l’utilisation de la prégabaline multiplie par 1,5 le risque de diagnostic de troubles mentaux et du comportement. Cette association « nécessite d’être surveillée et doit faire l’objet d’études complémentaires », souligne l’ANSM. L’exposition in utero à la carbamazépine, au phénobarbital, au lévétiracétam, à l’oxcarbazépine, au topiramate, au clonazépam ou à la gabapentine ne semble pas avoir d’effet sur le développement neurocognitif précoce des enfants, même si une augmentation des risques ne peut être totalement exclue. Le suivi des enfants devrait se poursuivre au moins jusqu’à ce qu’ils aient atteint la fin de l’école primaire, afin de confirmer et d’affiner ces résultats. En attendant, la Haute Autorité de santé (HAS) va actualiser ses recommandations thérapeutiques sur les alternatives au valproate chez les patientes. Et la ministre de la Santé a demandé la mise en place d’une filière de soins permettant de simplifier le parcours des enfants exposés in utero.§

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