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Publié le 14 décembre 2019 | modifié le 5 septembre 2025
Par Francois Pouzaud
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Avec un recul de quelques semaines, est-ce finalement facile de vacciner à l’officine ?

Elisabeth Troisgros, Cap-d’Ail (Alpes-Maritimes)

Honnêtement, c’est très facile de vacciner. Je fais partie de la vieille école. J’ai appris à vacciner avec mes proches. J’ai eu aussi la chance de conforter cette expérience et d’approcher les malades au travers de stages hospitaliers. Les pharmacies qui n’étaient pas dans une région pilote ont bénéficié de l’expérience de celles qui ont étrenné le dispositif avant nous. Lors des campagnes vaccinales précédentes, mes clients me le demandaient déjà, pensant que la vaccination en officine était généralisée à toute la France. A ce jour, j’ai vacciné 150 patients – toujours sur demande spontanée – sur les 300 à qui j’ai vendu un vaccin contre la grippe. J’ai été bluffée par le nombre de femmes enceintes que j’ai vaccinées, environ une vingtaine. On échange entre confrères d’un même groupement. Certains avaient une appréhension au départ, mais elle a été vite levée.

Avec mon associé, nous avons été correctement formés. Vacciner des patients ne pose aucune difficulté. Nous avons, pour l’instant, réalisé plus de 250 vaccinations et le taux de personnes vaccinées par nos soins est de 46 à 47 % des patients à qui nous avons délivré un vaccin contre la grippe. C’est assez étonnant alors que nous ne faisons aucune promotion pour ne pas empiéter sur le rôle des infirmières. Nous demandons seulement aux personnes qui nous présentent un bon de prise en charge par quel professionnel elles se font vacciner habituellement. Des bons, nous en avons édités pour les femmes enceintes et leur vaccination a été réalisée dans la foulée. Une dizaine de personnes nous ont dit recevoir un bon chaque année et l’utiliser pour la première fois cette année parce qu’elles ont su que leur pharmacien pouvait vacciner.

Domitille Druelle, Moirans-en-Montagne (Jura)

Cela fait déjà deux ans que je vaccine contre la grippe, en tant que pharmacienne d’une région expérimentatrice. Cette troisième saison ne constitue donc pas pour moi un grand changement. L’acte vaccinal est un geste facile à maîtriser. A partir du moment où on l’a appris en formation, le seul travail à faire est de s’adapter à la personne que l’on vaccine. J’ai maintenant une clientèle d’habitués, mais également de nouveaux patients avec la généralisation de la vaccination antigrippale en officine. Tout s’est toujours très bien passé jusqu’ici. Je n’ai jamais rencontré de situations à problème, de personnes qui ont fait une réaction au vaccin. Les clients rentrent dans la pharmacie, je leur délivre le vaccin, je vaccine ceux qui me le demandent. Mais je ne me suis pas penchée sur le nombre de clients vaccinés depuis le début de la campagne.