- Accueil ›
- Thérapeutique ›
- Médicaments ›
- Fiches médicaments ›
- Inlyta
Inlyta
Après le pazopanib (Votrient) présenté récemment, un nouvel antinéoplasique arrive en ville pour le traitement du cancer du rein avancé. Il s’agit de l’axitinib, présent dans Inlyta. Mais cette molécule, tout juste sortie de la réserve hospitalière, est cette fois réservée au traitement de seconde intention.
Indications
Inlyta est indiqué dans le traitement des patients adultes atteints de cancer du rein avancé après échec d’un traitement antérieur par sunitinib (Sutent) ou cytokine (Proleukin, Roféron A).
Mode d’action
L’axitinib est un inhibiteur de tyrosine-kinase puissant. Il agit sélectivement sur les récepteurs du facteur de croissance de l’endothélium vasculaire VEGFR-1, VEGFR-2 et VEGFR-3. Ces récepteurs sont impliqués dans l’angiogenèse pathologique, la croissance tumorale et la progression métastatique des cancers. En les bloquant, l’axitinib inhibe ainsi la prolifération et la survie des cellules endothéliales tumorales.
Posologie
– La dose initiale d’Inlyta recommandée est de un comprimé à 5 mg deux fois par jour, à intervalles d’environ 12 heures. Les comprimés sont à avaler entiers avec un verre d’eau. Ils peuvent être pris indifféremment pendant ou en dehors des repas.
– Cette dose initiale peut être portée à 7 mg deux fois par jour si les patients ont une tolérance correcte du traitement, puis à un maximum de 10 mg deux fois par jour.
– Si les effets indésirables nécessitent une diminution de la posologie, la dose d’axitinib peut être réduite à 3 mg deux fois par jour, voire 2 mg deux fois par jour.
Contre-indications
Aucune contre-indication n’est relevée, à l’exception d’une hypersensibilité à l’axitinib ou à l’un des excipients (présence notamment de lactose).
Grossesse et allaitement
– Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant toute la durée du traitement et poursuivre cette contraception jusqu’à une semaine après l’arrêt.
– Inlyta ne doit pas être utilisé pendant la grossesse, sauf si la situation clinique de la future mère le justifie.
– L’allaitement n’est pas compatible avec le traitement par axitinib.
Effets indésirables
Les effets indésirables les plus fréquents observés au cours du traitement par Inlyta sont de type diarrhée, hypertension, fatigue, dysphonie, nausées, diminution de l’appétit et syndrome main-pied (érythrodysesthésie palmoplantaire).
Une hypothyroïdie, une stomatite ou une inflammation des muqueuses sont également souvent rapportées par les patients.
Interactions médicamenteuses
– L’axitinib est principalement métabolisé par CYP3A4/5. En conséquence, les inhibiteurs puissants du CYP3A4/5 (kétoconazole, clarithromycine, érythromycine, indinavir, ritonavir, jus de pamplemousse…) sont susceptibles d’augmenter les concentrations plasmatiques d’axitinib. Un ajustement de la dose d’Inlyta (diminution de moitié environ de la posologie) est recommandé en cas d’administration simultanée.
– A l’inverse, la prise concomitante d’un inducteur puissant (rifampicine, phénytoïne, millepertuis…) peut diminuer la concentration plasmatique d’axitinib. Une augmentation de la dose d’Inlyta est alors justifiée, sous surveillance étroite.
Surveillance particulière
– Les tests de la fonction hépatique doivent être contrôlés avant l’instauration du traitement par axitinib, de même que les taux d’hémoglobine ou d’hématocrite ainsi que le taux de protéines dans les urines. Ces contrôles seront régulièrement répétés pendant toute la durée du traitement.
– Un contrôle de la pression artérielle et de la fonction thyroïdienne est effectué avant le traitement, puis une surveillance régulière est nécessaire au cours du traitement.
FICHE TECHNIQUE
→ Axitinib 1 mg pour un comprimé pelliculé rouge ovale, boîte de 56 cp, 786,58 €, AMM : 34009 266 480 4 6.
→ Axitinib 5 mg pour un comprimé pelliculé rouge triangulaire, boîte de 56 cp, 3768,43 €, AMM : 34009 266 482 7 5.
Remb. SS à 100 %.
Pfizer 01 58 07 30 00
CANCER DU REIN
Qu’est-ce que c’est ?
Les reins sont des organes constitués par la capsule, l’enveloppe externe, le parenchyme rénal, renfermant les néphrons, et le site de collecte de l’urine, c’est-à-dire les calices et le bassinet. Ce sont les néphrons qui filtrent le sang et éliminent les déchets circulants via l’urine qu’ils produisent. Dans 80 % des cas, le cancer du rein se développe au niveau du parenchyme rénal.
On parle alors d’« adénocarcinome à cellules claires », qui est un cancer localisé. Les cellules cancéreuses peuvent ensuite s’étendre au-delà des reins, voire former des métastases.
Qui touche-t-il ?
En 2011, le nombre de nouveaux cas de cancers du rein était estimé à 11 000, constituant ainsi environ 3 % de l’ensemble des cancers. En 2005, il représentait la 12e cause de décès par cancer. Le cancer du rein touche préférentiellement les hommes, 2 fois plus que les femmes, et est généralement diagnostiqué entre 60 et 65 ans. Les principaux facteurs de risque sont le tabagisme, l’obésité, l’hypertension artérielle et le traitement par dialyse depuis plus de 3 ans. L’exposition professionnelle à certains produits chimiques pourrait également être incriminée. Le cancer du rein n’est que rarement lié à une prédisposition génétique (environ 2 à 3 % des cas).
Comment est-il diagnostiqué ?
Le cancer du rein restant longtemps asymptomatique, il est généralement diagnostiqué par hasard lors de la réalisation d’une échographie ou d’un scanner de l’abdomen. Un cancer du rein peut toutefois être suspecté en cas d’hématurie, de douleur lombaire, d’une fièvre isolée, d’une perte de poids et/ou d’une altération de l’état général. C’est parfois la découverte de métastases qui permet la recherche et le diagnostic de cancer du rein. Les examens réalisés (échographie abdominale, scanner abdominal et pelvien, IRM…) permettent alors de déterminer le stade d’extension du cancer.
Delphine Guilloux
L’AVIS DE LA HAS
→ Service médical rendu important.
→ Amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) par rapport à Nexavar (sorafénib).
→ Population cible estimée entre 1 430 et 1 980 patients par an.
DÉLIVRANCE
→ Liste I.
→ Prescription hospitalière (prescription initiale et renouvellement) réservée aux spécialistes en oncologie ou aux médecins compétents en cancérologie.
L’AVIS DU PHARMACOLOGUE Denis Richard, hôpital Laborit (Poitiers)
Axitinib : une alternative en deuxième ligne
• La tolérance et l’efficacité de l’axitinib (Inlyta) ont été évaluées dans une seule étude, de phase III, multicentrique randomisée, réalisée en ouvert. 723 patients (âge médian = 61 ans) atteints d’un cancer du rein métastatique ayant progressé pendant ou après un traitement systémique à base de sunitinib (Sutent), bévacizumab (Avastin) + interféron alfa (Roféron-A), temsirolimus (Torisel) ou cytokine (aldesleukine = Proleukin ; interféron alfa = Roféron-A), randomisés, ont reçu de l’axitinib (Inlyta, 5 mg x 2/j) ou du sorafénib (Nexavar, 400 mg x 2/j). Le critère principal (survie sans progression) a été évalué en aveugle. Les critères secondaires incluaient le taux de réponse objective et la survie globale.
• 389 (53,8 %) des patients inclus avaient reçu antérieurement un traitement à base de sunitinib, 251 (34,7 %) à base de cytokine, 59 (8,2 %) à base de bévacizumab et 24 (3,3 %) à base de temsirolimus. Les caractéristiques démographiques et les caractéristiques de la maladie à l’inclusion étaient similaires entre les groupes « axitinib » et « sorafénib ».
-?Dans la population totale de patients et dans les deux sous-groupes principaux (traitement antérieur par sunitinib, traitement antérieur par cytokine), une amélioration statistiquement significative du critère principal a été observée sous axitinib versus sorafénib.
La médiane de survie sans progression a été de 6,7 mois dans le bras « axitinib » versus 4,7 mois dans le bras « sorafénib ». L’amplitude de cet effet différait selon le traitement antérieur. Les effectifs de deux des quatre sous-groupes ont été trop faibles pour donner des résultats fiables (traitement antérieur par temsirolimus ou par bévacizumab + interféron alfa).Il n’a pas été observé de différence significative entre les deux bras en termes de survie globale, de tolérance ou de qualité de vie.
Dites-le au patient
– Avertir les patients du risque de fatigue et/ou de sensations vertigineuses en cas de conduite de véhicules ou d’utilisation de machines.
– En cas de vomissement, ne pas prendre de dose supplémentaire mais attendre la prise suivante à l’horaire habituel.
– Le traitement par Inlyta doit être interrompu au moins 24 heures avant une intervention chirurgicale programmée.
- Comptoir officinal : optimiser l’espace sans sacrifier la relation patient
- Reishi, shiitaké, maitaké : la poussée des champignons médicinaux
- Budget de la sécu 2026 : quelles mesures concernent les pharmaciens ?
- Cancers féminins : des voies de traitements prometteuses
- Vitamine A Blache 15 000 UI/g : un remplaçant pour Vitamine A Dulcis
