Portrait-robot du pharmacien pas prêt à piquer

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Publié le 20 octobre 2016 | modifié le 16 septembre 2025
Par Yolande Gauthier
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Quelles problématiques les pharmaciens rencontrent-ils quotidiennement au sujet de la vaccination ? Quel rôle peuvent-ils jouer dans l’amélioration de la couverture vaccinale ? C’est pour répondre à ces interrogations toujours d’actualité qu’une étude régionale a été réalisée en 2014 dans le cadre d’une thèse de doctorat en pharmacie*. Un questionnaire en ligne a recueilli 234 réponses de pharmaciens (90 %) ou d’étudiants en 6e année (10 %). Tous sont le plus souvent questionnés au comptoir sur le calendrier vaccinal ou les effets indésirables des vaccins. Trois vaccins suscitent plus de demandes d’information de la part des patients : l’hépatite B et les anti-HPV pour leurs risques d’effets indésirables, la grippe pour sa relative inefficacité. Pour ce dernier, l’étude note que «   66   % des pharmaciens interrogés conseillent, de leur propre initiative, l’homéopathie en alternative au vaccin contre la grippe   ». Plus de 9 pharmaciens sur 10 se disent prêts à prendre en charge le suivi du statut vaccinal de leurs patients. Mais ils ne sont plus que 56 % à déclarer vouloir les vacciner, les 44 % restants arguant que ce n’est «   pas le rôle du pharmacien   » ou un «   manque de moyen financier, matériel ou de temps   ». La thèse s’est essayée à dresser le portrait-robot du pharmacien pas prêt à vacciner : plutôt une femme, âgée de 41 à 60 ans, qui estime que la vaccination n’est pas du ressort du pharmacien ou que la structure des officines n’est pas adaptée. Les atouts du pharmacien d’officine sont pourtant nombreux : accessibilité, proximité, disponibilité, mais aussi formation scientifique et connaissance globale du patient. «   L’administration du vaccin sur le même lieu que celui de stockage permettrait de diminuer le nombre d’étapes du processus vaccinal   », qui sont de 3 actuellement, ainsi que les problèmes de rupture de chaîne du froid, estime la thèse. Avec en sus une amélioration de la couverture vaccinale, à l’image de ce qui a pu être observé aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni ou au Portugal.§

* «   Etude de la perception de la vaccination par des pharmaciens du Nord-Pas-de-Calais : rôle du pharmacien dans l’amélioration de la couverture vaccinale   », Marine David, Université de Lille 2

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