Quel entretien pour les masques ?

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Publié le 28 novembre 2020
Par Yolande Gauthier
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Le Haut Conseil de la santé publique a publié, le 16 novembre, un nouvel avis sur les masques utilisés dans le cadre de la lutte contre la propagation du Sars-CoV-2. Le point sur l’entretien des masques grand public en tissu.

N’en déplaise aux partisans des théories complotistes du documentaire Hold-up, le port du masque par des personnes asymptomatiques réduit fortement la transmission du Sars-CoV-2, et par conséquent réduit le taux d’hospitalisation pour Covid-19. C’est ce que rappelle le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) dans un nouvel avis publié le 16 novembre, avant d’insister sur le fait qu’un masque de fabrication artisanale est plus utile que l’absence de masque dans la population générale. Quel que soit le type de masque, encore faut-il qu’il soit correctement porté pour être efficace : bien ajusté sur le nez (pour éviter l’émission de gouttelettes lors d’un éternuement et assurer l’étanchéité par le haut), la bouche (pour prévenir l’expulsion de gouttelettes en parlant et en cas de toux) et le menton (pour empêcher les fuites vers le bas). « Le bon port du masque permet également de se protéger soi-même face à une personne contagieuse », argumente le HCSP.

Lavage à domicile

En raison de leur enveloppe protectrice essentiellement composée de lipides, les coronavirus sont très sensibles au savon, aux solutions hydroalcooliques, aux désinfectants ménagers courants et aux désinfectants industriels adaptés. Tout comme l’Académie nationale de médecine l’avait préconisé, le HCSP recommande désormais le lavage à domicile des masques grand public en machine avec un produit lessiviel et un cycle à 40 °C d’une durée de 30 minutes au minimum. Il n’est pas nécessaire de laver les masques séparément, le remplissage du lave-linge à demi-charge permettant d’assurer un bon brassage des articles. En l’absence de lave-linge, les masques en tissu peuvent être nettoyés à la main avec de l’eau chaude et un détergent (savon, produit vaisselle, lessive adaptée) sous réserve d’un trempage d’au moins 30 minutes et en s’abstenant de tout brossage qui risquerait de détériorer les fibres de tissu. Le séchage en sèche-linge ou à l’air ambiant intervient juste après le lavage. Une fois lavés, séchés, et éventuellement repassés, les masques sont conservés dans un sachet plastique neuf ou propre fermé (un emballage par lot), ou a minima dans un endroit propre pour éviter toute contamination microbiologique.

Des masques à usage unique

Les experts restent pour l’instant campés sur la même position : les masques chirurgicaux sont à usage unique et doivent être jetés dans une poubelle après utilisation. C’est aussi une obligation liée à leur statut réglementaire de « dispositif médical à usage unique ». Des travaux sont en cours en France quant à une éventuelle possibilité de réutilisation par le grand public, hors secteur sanitaire et médicosocial. L’efficacité d’un procédé de décontamination et la préservation des capacités filtrantes des masques doivent toutefois être évaluées au préalable. « Il faut aussi compléter par la vérification qu’un premier port, a fortiori des ports successifs, n’altère pas les capacités du masque (…) en recherchant notamment les déchirures éventuelles », précise le HCSP. Quant au recyclage, il ne doit « qu’exceptionnellement être envisagé par des processus complets et validés », dans des conditions dérogatoires particulières et sous la validation d’une autorité sanitaire nationale. Et les experts de conclure que « le coût de ces procédés devra être mis en regard du coût unitaire d’un masque jetable ».

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