Les prescriptions des nouveaux anticoagulants oraux (NACO)

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Publié le 25 mai 2013
Par Francois Pouzaud
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Valérie Labre, Haubourdin (Nord)

Les prescriptions de NACO ne sont pas encore très répandues, on commence juste à en avoir depuis quelques mois. J’ai trois patients sous Pradaxa dont un qui était précédemment sous AVK, et un quatrième sous Xarelto. Ce qui me gêne avec ces nouveaux anticoagulants, c’est qu’il n’y a plus aucun suivi de routine, contrairement aux AVK. Avec un paramètre biologique comme l’INR, le patient savait où il en était. Le risque hémorragique est toujours présent avec les NACO et demande donc d’être attentif à la moindre apparition d’un hématome, d’un saignement de nez ou de gencives. Notre rôle dans la prévention des risques va être amplifié de manière à garantir la bonne utilisation de ces médicaments et la sécurité des patients.

Claire Kalk, Mutzig (Bas-Rhin)

Je n’ai pas noté pour l’instant de bascule importante des AVK vers les NACO. Il vaudrait mieux rester sur les traitements AVK que l’on va encore mieux maîtriser grâce aux entretiens pharmaceutiques. Ce qui me fait le plus peur avec les NACO, c’est l’absence d’antidote en cas d’accident hémorragique… On joue vraiment avec le feu ! Pourquoi vouloir tout changer ? Les prix des NACO sont élevés, la multiplicité des dosages et des conditionnements pose des contraintes de référencement. Par ailleurs, les précautions d’emploi et les risques d’effets secondaires étant très similaires, leur maniement appelle la même vigilance qu’avec les AVK, et pour cette raison, les NACO devraient être concernés par les entretiens pharmaceutiques.

Sophie Tariel, Rennes (Ille-et-Vilaine)

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Un médecin m’a prévenue qu’il passait un de ses patients sous NACO et que, de ce fait, je n’aurais pas besoin de mener d’entretiens pharmaceutiques dans mon officine. Ce médecin verrait-il d’un mauvais œil l’arrivée de nos nouvelles missions ? Quand je regarde le mécanisme d’action des NACO, je ne suis pas convaincue du risque moindre de ces médicaments. Il y aura aussi des hospitalisations en urgence suite à des accidents hémorragiques. S’il devait y en avoir autant, on reviendra vite aux AVK qui coûtent beaucoup moins cher. Lors de ma formation sur les AVK et anticoagulants, j’ai appris qu’il existe une parade, à défaut d’antidote, sous la forme d’un complexe de différents facteurs de coagulation.