Le vote de la semaine

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Publié le 18 mai 2018
Par Francois Pouzaud
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Médecins et infirmiers vous font-ils part de leur mécontentement concernant les bilans de médication et la vaccination en pharmacie ?

OUI, MAIS…

Sylvie De Graeve, Muret (Haute Garonne)

Sur la vaccination, quelques infirmières m’ont fait épisodiquement la remarque, considérant que cet acte ne fait pas partie des prérogatives des pharmaciens. Elles ont vécu la promotion de la vaccination en pharmacie dans les médias comme une distorsion de concurrence. Il faut préciser aussi qu’il y a surdotation d’infirmières installées dans mon secteur. Concernant les bilans de médication, c’est encore trop récent mais je pense que je ne devrais pas rencontrer d’opposition particulière des médecins. Dans le cadre du réseau Reipo [Réseau d’enseignement et d’innovation pour la pharmacie d’officine, NdlR] créé en juin 2015, avec l’ARS et en collaboration avec la faculté de pharmacie de Toulouse, les URPS pharmaciens et médecins, les hôpitaux, les collèges de maîtres de stage et l’Ordre, les bilans de médication sont opérationnels depuis plus d’un an et leur mise en place n’a provoqué aucun remous chez les médecins.


NON, MAIS…

Les infirmières de mon secteur n’étaient pas forcément au courant et ce sont leurs syndicats qui les ont appelées à faire du forcing pour désapprouver la vaccination en pharmacie. L’infirmière avec qui j’en ai discuté pense que cela n’impactera pas son activité car, à l’exception de quatre nouveaux patients, elle a vacciné l’an dernier tous les patients à domicile faisant partie de sa clientèle habituelle. En revanche, elle ne comprendrait pas que le pharmacien soit mieux rémunéré. L’intérêt pour augmenter la couverture vaccinale est de ne pas se partager les mêmes populations. Sur les bilans de médication qui démarrent, je pense que les pharmaciens savent déjà avec quels médecins cela risque de mal se passer. Pour ma part, les médecins avec lesquels je travaille sont des prescripteurs ouverts. Ça devrait donc se faire en bonne intelligence et sans souci.


Pascal Lachaise, Chenôve (Côte-d’Or)

NON

Je fais partie d’une SISA (société interprofessionnelle de soins ambulatoires) et lors de la dernière assemblée, je n’ai pas eu trop de commentaires de la part des infirmières et des médecins sur la vaccination en pharmacie. Sur les bilans de médication, c’est trop tôt pour avoir des retours de médecins. Mais on peut comprendre que chacun souhaite garder ce qu’il fait déjà et être rémunéré pour un acte simple à réaliser. Les entretiens AVK et AOD n’ont pas dérangé les médecins, ceux de mon quartier les vivent même positivement. Il n’y a pas de raison, alors que nous entretenons de bonnes relations interprofessionnelles au sein du pôle de santé, qu’il en soit différemment avec les bilans de médication. Ceux-ci vont permettre de les conforter dans leurs prescriptions.

Carine Verrelle, Clisson (Loire-Atlantique)