«   Je suis une fan des bilans partagés de médication   »

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Publié le 29 juin 2019 | modifié le 13 septembre 2025
Par Francois Pouzaud
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Patricia Jouan, cotitulaire de la pharmacie de Pluméliau (Morbihan), est du genre à passer très vite à l’action. Elle a donc pris à bras-le-corps le sujet des bilans partagés de médication. Conquise, elle en réalise maintenant régulièrement. Et livre son bilan.

Prenant son courage à deux mains, Patricia Jouan a réalisé son premier bilan partagé de médication (BPM) en mai 2018. Un an après, la cotitulaire de la pharmacie de Pluméliau (Morbihan) en affiche une cinquantaine à son actif. Au départ, elle a lutté contre ses propres réticences : trop complexe, pas assez de temps… Mais plus elle met en place de BPM, plus elle est à l’aise et pertinente dans l’exercice.

Pour son premier bilan, elle a choisi un patient qu’elle connaissait bien. Elle a constitué un dossier et envoyé un courrier à son médecin traitant avant de réaliser l’entretien. Le fait d’être membre de la commission santé de Giphar a facilité la mise en place des autres BPM. « Nous avons élaboré des supports informatique et matériel qui m’ont beaucoup aidée pour la gestion du temps », reconnaît-elle. Pour impliquer toute son équipe, elle a fait appel à 2 coachs.

Patricia Jouan bloque 1 heure à 1 heure 15 pour recevoir le patient, faire l’analyse et rédiger le courrier au médecin. « Je donne le choix aux patients entre 2 après-midi, entre 15 h et 16 h et je fixe le rendez-vous conseil pour qu’il coïncide avec le renouvellement de leur ordonnance. »

De docteur à docteur

A Pluméliau, qui compte 2 médecins et 2 autres dans des communes rurales voisines, les liens de proximité se tissent naturellement. « Nous échangeons régulièrement, discutons des BPM et de l’importance de l’observance, raconte-t-elle. Nous travaillons ensemble sur l’amélioration de l’ordonnance chez le sujet âgé polymédicamenté. Nous sommes d’ailleurs en train de constituer une équipe de soins primaires dans le bourg. »

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Avec des médecins convaincus de l’intérêt des BPM, cette pharmacienne ne connaît pas la frustration née de l’absence de communication avec les prescripteurs. « Pour chaque envoi de courrier, mes propositions ont été suivies ou discutées, soit en rectifiant l’ordonnance, soit lors d’un passage à la pharmacie entre 2 visites, par téléphone ou par mail. Un chef de service m’a téléphoné pour me remercier et se renseigner sur la démarche qu’il trouve sécurisante lors de la sortie d’hôpital. »

La reconnaissance de son travail par les praticiens est très gratifiante. « Le premier médecin qui m’a répondu par mail m’a saluée d’un Docteur Jouan. Depuis, je signe Dr Jouan en bas de mes courriers. Même certains patients m’appellent Docteur ! » Et leurs retours sont encore plus chaleureux quand elle réalise le BPM au domicile.

Pour maintenir la dynamique, chaque bilan est scanné et rattaché à la fiche informatique du patient. Une liste de recrutement rappelle à son équipe toutes les occasions de proposer un BPM (sortie d’hôpital, non-observance, effets secondaires, etc.). Enfin, pour impulser le même élan chez d’autres pharmaciens Giphar, Patricia Jouan a déjà animé 2 réunions à Lorient (Morbihan) et Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). ■

n  1999 :diplômée de la faculté de pharmacie de Rennes (Ille-et-Vilaine)
n  De 1999 à 2015 : adjointe, spécialisée en pharmacie vétérinaire
n  2015 : installation en association à Pluméliau (Morbihan)