Convention pharmaceutique : les missions porteuses sont…

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Convention pharmaceutique : les missions porteuses sont…

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Publié le 24 juin 2022
Par Francois Pouzaud
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Une enquête en ligne réalisée par l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) a montré récemment un certain malaise des pharmaciens, partagés entre la motivation de prendre part aux nouvelles missions et la difficulté de les mettre en œuvre, faute de moyens et/ou de rémunération suffisants. Les derniers chiffres du GERS présentés lors des 15es Rencontres de l’officine (les 18, 19, 20 juin à Paris) montrent également que l’adhésion aux nouvelles missions est très inégale, notamment en termes de retour sur investissement. Un paramètre qui prend une dimension encore plus importante en période de forte inflation.

Vaccination contre la grippe et le Covid-19, les produits d’appel

Les vaccinations contre la grippe puis contre le Covid-19 ont ancré cet acte de prévention dans les mœurs pharmaceutiques, devenant même sur les services, le premier produit d’appel de la pharmacie. Depuis le lancement de la campagne de vaccination antigrippale en 2019, la part des pharmacies réalisant 100 % des vaccinations est passée de 85 % à 92 % et la part des vaccinations réalisées à l’officine de 25 % à 43 %, selon le GERS. 27 % des officines sont devenues hyperspécialisées : sur les 12 derniers mois à fin mai 2022, elles réalisent 50 % des vaccinations. Avec l’expérience et la pratique, il n’y a pas de raison que les pharmaciens n’étendent pas leur rôle de vaccinateur aux vaccins de l’adulte. Si, à l’image de la grippe, l’officine venait à réaliser 43 % des vaccins (réservés aux adultes et adolescents), cela représenterait un volume de plus de 2 millions d’injections supplémentaires par an.

La téléconsultation en pharmacie a aussi le vent en poupe. La part de pharmacien proposant ce service progresse de manière constante : de 9 % à la fin du premier trimestre 2022, elle a grimpé à 11 % à fin mai 2002.

Le flop des bilans partagés de médication (BPM) et des entretiens

Cela risque de rester compliqué pour les bilans partagés de médication (BPM) et les entretiens pharmaceutiques, parents pauvres des nouvelles missions (la crise sanitaire n’a rien arrangé non plus !). Critiqués surtout sur la forme, les BPM et les entretiens pharmaceutiques ne sont menés que par 15 % des officines. Sur les 12 derniers mois à fin mai 2022, une pharmacie impliquée fait 16 bilans en moyenne. La plus forte répartition des BPM et des entretiens est en Nouvelle-Aquitaine (18 %), suivie par l’Occitanie (16 %) et Paca (15 %), des chiffres corrélés à la concentration des personnes âgées dans ces trois régions. Concernant les entretiens AVK, les pharmaciens en réalisant ont une file active de 22 patients en moyenne et pour les anticoagulants oraux directs (AOD), elle est près de 4 fois plus élevée (86 patients).

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