Bilan de la rémunération au premier semestre 2018 : La perte n’est due qu’à la diminution d’activité et non à la réforme, selon l’USPO

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Bilan de la rémunération au premier semestre 2018 : La perte n’est due qu’à la diminution d’activité et non à la réforme, selon l’USPO

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Publié le 23 juillet 2018
Par Francois Pouzaud
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En juin, les baisses du nombre des unités (- 1,21 %, 2,6 millions de boîtes), du nombre d’ordonnances (- 2,91 %) et du nombre d’ordonnances de 5 lignes et plus (- 3,18 %) se sont ralenties par rapport à mai (selon les derniers chiffres communiqués par IQVIA-Pharmastat). Conséquence : le chiffre d’affaires des médicaments remboursables reprend des couleurs (+ 2,01 %), bien aidé, il est vrai, par l’afflux des médicaments très chers mis sur le marché ces derniers mois ; la rémunération du réseau est stable sur ce mois (+ 0,07 %).

Sur le premier semestre 2018 comparé au même semestre de l’année précédente, le nombre d’ordonnances délivrées est la variable qui diminue le plus (- 3,10 %, contre – 1,97 % en 2017), alors que le nombre d’unités et le nombre d’ordonnances de 5 lignes et plus baissent moins, respectivement de 1,62 % et de 2,83 %, mais également moins au regard des évolutions de 2017. Dans ce contexte, sous l’effet de la nouvelle rémunération, le chiffre d’affaires des 6 premiers mois progresse de 106,6 M€ (+ 0,84 %) mais cette hausse reste insuffisante pour octroyer un gain de marge au réseau (perte de rémunération de 12,4 M€, – 0,48 %).

« Le gain de marge de la réforme en cours ne compense pas la perte des honoraires de dispensation de 1 € à la boite », constate Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Dans un contexte baissier des volumes, l’honoraire à la boite devient pénalisant. « Les 21,4 millions d’unités en moins sur 2018 ont entraîné une perte d’honoraires d’au moins 21,4 M€, pertes largement atténuées par le gain de marge, ajoute-t-il. Les pertes enregistrées sont uniquement dues aux baisses des volumes, même si celles-ci ont été divisées par 1,5 par rapport à l’an dernier, et la perte de rémunération divisée par 7,5, malgré les baisses de prix. »

Le président de l’USPO démontre l’efficacité de la réforme au travers de la rémunération par unité délivrée et de la rémunération par ordonnance, en hausse respectivement de 1,16 % et de 2,5 % sur les 6 premiers mois de l’année. « Sur l’année 2015, le réseau  avait enregistré une perte de 22,6 millions d’unités, entraînant une perte de 118,4 M€, soit quasiment 10 fois plus », conclut-il.

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Réagissant à la perte de rémunération limitée à 12,4 M€ après 6 mois de réforme, Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), maintient qu’elle sera de 100 M€ à la fin de l’année. « Ce bilan de rémunération ne tient pas compte de l’impact non visible des baisses des remises sur les génériques dont les prix chutent fortement en 2018 », souligne-il, estimant la perte de remises génériques à 50 M€ en année pleine.