Avec les bilans de médication, un challenge peut en cacher un autre

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Publié le 14 avril 2018
Par Francois Pouzaud
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Le débat organisé par Le Moniteur des pharmacies* sur le salon PharmagoraPlus a livré des éléments rassurants sur la prise de conscience des enjeux du bilan partagé de médication. Ce dernier est opérationnel depuis la publication au Journal officiel du 16 mars 2018 de l’avenant n° 12 à la convention nationale pharmaceutique, et a vivement intéressé les visiteurs du salon PharmagoraPlus les 7 et 8 avril derniers. « Les salles de formation sont pleines, c’est bon signe », annonce Gilles Bonnefond, président de l’Union nationale des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), rappelant que sur les entretiens pharmaceutiques, sous leurs nouvelles modalités, et les bilans partagés de médication, les pharmaciens sont attendus au tournant. « Il ne s’agit pas d’un menu à la carte, bilans et entretiens servent de curseurs pour savoir si la profession est capable dechanger et d’aller jusqu’au bout de la réforme. Si nous ne relançons pas la dynamique sur les entretiens et si nous ne nous investissons pas sur les bilans de médication, nous aurons du mal à convaincre l’Assurance maladie pour qu’elle nous embarque sur le diabète, les maladies cardiovasculaires… », explique-t-il.

Si une personne est éligible aux entretiens et aux bilans, « il faut équilibrer les deux dynamiques, proposer les entretiens dans un premier temps et les bilans dans un second temps », conseille Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). L’objectif n’est pas insurmontable. Annelore Coury, directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins à la CNAM, table sur 20 bilans par officine et par an. De plus, « le pharmacien peut plus facilement gérer son temps disponible puisque l’analyse des traitements se fait hors la présence du patient », souligne Philippe Gaertner. Parce que la pratique de ces bilans doit être inculquée le plus tôt possible chez les étudiants en pharmacie, Robin Ignasiak, président de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF), lance un appel solennel aux pharmaciens maîtres de stage pour se saisir des bilans de médication et en « prêter » les clés à leurs stagiaires. 

* La « nouvelle » convention en question, samedi 7 avril 2018

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