Dépistage de la cystite : l’arbre décisionnel que les pharmaciens peuvent consulter

Dépistage de la cystite : l’arbre décisionnel que les pharmaciens peuvent consulter

Publié le 5 décembre 2023
Par Alexandra Blanc
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Faisant suite à la parution au Journal officiel le 30 novembre dernier des textes autorisant le dépistage de la cystite aiguë simple à l’officine, l’Assurance maladie publie le logigramme détaillant les conditions de réalisation de cette mission.

L’arbre décisionnel mis en ligne sur le site de l’Assurance maladie ce lundi 4 décembre se calque surle protocole de prise en charge de la cystite déjà réalisable dans les structures de soins coordonnées depuis 2021. Le dépistage est ainsi proposé aux femme de 16 à 65 ans présentant des brûlures mictionnelles, une dysurie, une pollakiurie et/ou des mictions impérieuses. Au-delà des facteurs d’exclusion, le mode opératoire demande aussi une évaluation clinique de la patiente.

Les facteurs d’exclusion et les critères d’urgence

Dans une première étape, le pharmacien doit vérifier que la patiente ne présente aucun des symptômes caractéristiques d’une pyélonéphrite, imposant une consultation médicale urgente ou un recours à une structure d’urgence :

– fièvre rapportée par la patiente supérieure à 38 °C ou hypothermie inférieure à 36 °C ou frissons ;

– douleurs au niveau des fosses lombaires ou au niveau des flancs ;

– vomissements, diarrhées, douleurs abdominales.

En l’absence de ces critères d’exclusion d’urgence, le pharmacien doit rechercher d’autres critères ne permettant pas la réalisation de la bandelette urinaire à l’officine :

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– recueil insuffisant des informations médicales : non-maîtrise de la langue française, réponses inadaptées ;

– grossesse avérée ou non exclue ;

– signes d’appel gynécologique : leucorrhées, prurit vulvaire ou vaginal ;

– cystites à répétition : ≥ 3 épisodes dans les 12 derniers mois ;

– épisode de cystite non complétement résolue dans les 15 derniers jours ;

– anomalie de l’arbre urinaire : résidu vésical, reflux, lithiase, tumeur, geste chirurgical récent endoscopique ou sondage, etc. ;

– immunodépression ou risque d’immunodépression dus à une pathologie (VIH) ou à un médicament (corticothérapie au long cours, chimiothérapie, immunosuppresseurs) ;

– port d’un cathéter veineux implanté ;

– notion d’insuffisance rénale chronique sévère (DFG < 30 ml/min/1,72 m2 selon le CKD-EPI).

Si l’un des critères est présent, une consultation médicale est préconisée dans les 24 heures.

Les mesures cliniques à recueillir

Si la patiente est éligible, le logigramme de l’Assurance maladie inclut une évaluation clinique. Ainsi, le pharmacien doit s’assurer que la pression artérielle systolique est supérieure ou égale à 90 mmHg, que la fréquence cardiaque est inférieure ou égale à 110 battements par minute, que la fréquence respiratoire est inférieure à 20 cycles par minute et que la température mesurée est comprise entre + 36 °C et + 38 °C. Pour mettre en place ce dépistage, l’officine doit donc disposer d’un appareil de mesure tensionnelle (penser à avoir un brassard adapté aux personnes souffrant d’obésité) et un thermomètre fiable.

Les modalités de rémunération

Le tarif lié à ce dépistage est de 6 € TTC pris en charge à 70 % par l’Assurance maladie, que le patient se présente de façon spontanée ou avec une ordonnance conditionnelle (6,30 € pour les départements et collectivités d’outre-mer) via le code acte PEE.

Si la patiente s’est présentée spontanément, le pharmacien renseigne dans la facture son numéro d’identification dans la zone « Prescripteur » ainsi que dans la zone « Exécutant » et la date de réalisation du test comme date d’exécution.

En cas de présentation d’une ordonnance conditionnelle, le prescripteur est le médecin qui a rédigé l’ordonnance et la date d’exécution correspond à la date de prescription.