L’angélique

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Publié le 16 avril 2016 | modifié le 4 avril 2025
Par Chantal Ollier
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Peu utilisée en France, la racine d’angélique est un classique des troubles digestifs outre-Rhin. Grande spasmolytique, elle est aussi phototoxique.

DESCRIPTION

Cultivée dans les régions tempérées d’Europe, l’angélique est une plante herbacée bisannuelle à tige robuste, creuse et cannelée de couleur vert violacé pouvant atteindre 2 m de haut. Elle porte des feuilles alternes tripennatiséquées à pétiole charnu et creux. Les fleurs jaune verdâtre sont réunies en grandes ombelles composées (jusqu’à 40 cm de diamètre). Les fruits sont des akènes oblongs à méricarpes séparés avec des côtes très marquées. Toute la plante a une odeur aromatique.

Composition

• Huile essentielle (minimum 0,2 %) composée à 80 à 90 % d’hydrocarbures monoterpéniques (alpha- et bêtaphellandrène, alphapinène). Des lactones macrocycliques lui confèrent son odeur.

• Furocoumarines (0,5 à 1,6 %) : plus de 20 dont angélicine, archangélicine, bergaptène, impératorine, psoralène.

• Coumarines : osthénol, ombelliférone.

• Flavonoïdes.

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• Tanins et saccharose.

MÉCANISME D’ACTION

• L’HE est antispasmodique (bronches, intestin) et antibactérienne.

• Sa saveur aromatique et amère stimule les sécrétions gastriques et pancréatiques, facilitant ainsi la digestion.

• Une étude pilote montre qu’elle favorise le sommeil et diminue la vulnérabilité au stress quotidien avec une action positive sur les troubles somatiques. Le délai moyen d’action lorsqu’elle est utilisée en teinture mère est de 2 mois.

POSOLOGIE

En infusion de 10 minutes, 1,5 g par tasse (1 cuiller à café), 3 tasses par jour 20 à 30 minutes avant les principaux repas (dose journalière 4,5 g).

EFFETS INDÉSIRABLES

Les furocoumarines sont phototoxiques et potentiellement photocarcinogènes et photogénotoxiques. Un risque de dermatite est possible en cas d’exposition aux UV pendant le traitement. Toutefois, en raison de la faible solubilité dans l’eau des furocoumarines, ce risque est réduit avec la forme tisane.

PRÉCAUTIONS D’EMPLOI, CONTRE-INDICATIONS

• Eviter tout bain de soleil prolongé ou exposition aux UV durant le traitement.

• L’angélique est déconseillée chez les femmes enceintes et enfants de moins de 6 ans.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Aucune connue.

Sources : J. Fleurentin, J.-C. Hayon, Les plantes qui nous soignent, « Traditions et thérapeutiques », Ed. Ouest-France, Rennes, 2007 ; E. Teuscher, R. Anton, A. Lobstein, Plantes aromatiques, Ed. Tec et Doc, Paris, 2005 ; M. Wichtl, R. Anton, Plantes thérapeutiques, Ed. Tec et Doc, Paris, 2003 ; O. Delcroix, « Etude des propriétés anxiolytiques d’Angelica arch L. », Revue de phytothérapie pratique, 1990 ; emea.europa.eu.

FICHE TECHNIQUE

Nom latin : Angelica archangelica L.

Synonymes : Angelica officinalis auct, Archangelica officinalis Hoffm.

Famille botanique : Apiaceæ.

Drogue : souche radicante récoltée en automne.

Monographie de contrôle : Pharmacopée européenne.

Propriétés pharmacologiques démontrées :

– apéritive,

– digestive,

– spasmolytique.

Utilisations traditionnelles :

– perte d’appétit,

– facilite la digestion (lenteur à la digestion, ballonnements épigastriques, flatulences),

– calme les douleurs abdominales d’origine digestive.