Les troubles digestifs hauts

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Publié le 15 décembre 2001
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De la bouche au carrefour hépatobiliaire, la nourriture subit maintes transformations avec autant de risques de dysfonctionnements.

Votre conseil homéopathique vise à améliorer ou faire disparaître les symptômes les plus gênants. Le traitement, selon le contexte, dure 10 jours au maximum. Au-delà, il vaut mieux inciter à consulter le médecin.

Mauvaise haleine

Dans 90 % des cas, l’halitose s’explique par l’exhalation de composés soufrés volatils résultant de la décomposition de matières organiques : débris alimentaires, sang, cellules buccales. Neuf fois sur dix, elle révèle un problème buccodentaire.

Origine buccodentaire

– Les gencives sont douloureuses, gonflées, rouge bleuâtre sombre, saignent facilement : Kreosotum 4 ou 5 CH.

– Tendance à l’hypersalivation ; la langue jaunâtre garde l’empreinte des dents : Mercurius solubilis 5 CH.

– Posologie : 3 à 5 granules deux à trois fois par jour.

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Origine digestive

– Si la mauvaise haleine provient du foie ou de l’estomac, proposez un drainage simple en attendant la consultation médicale, par exemple :

Chelidonium 3 x

Taraxacum 3 x

Nux vomica 4 CH

à parties égales qsp 1 flacon de 30 ml.

Posologie : 10 gouttes 15 minutes avant les trois repas

– Autre alternative : Nux vomica 5 CH, 3 granules avant les deux repas associé à Chelidonium composé, 20 gouttes.

Votre conseil

– Suggérez une visite chez le dentiste.

– Conseillez d’améliorer, si nécessaire, l’hygiène buccodentaire : brossage des dents systématique après chaque repas, utilisation de fil dentaire ou de brossettes interdentaires adaptées.

Aérophagie et ballonnements

La présence d’air ou de gaz dans l’estomac (entraînant des éructations), ou dans l’intestin, (entraînant des flatulences), distend l’abdomen et provoque gêne et pesanteur.

Trois questions sont à poser : Quelles régions de l’abdomen sont touchées ? A quel moment de la journée ? Quels sont les facteurs qui améliorent les symptômes ou qui les aggravent ?

Ballonnement surtout épigastrique

– Accompagné d’éructations bruyantes qui soulagent : Argentum nitricum 5 CH.

– Important avec des éructations difficiles et fétides et impression de « boule qui remonte » le long de l’oesophage (due au déplacement de l’air) : Asa foetida 5 CH.

– Important avec éructations ayant le goût des aliments et qui soulagent ; tout semble se transformer en gaz ; aggravation par l’alcool (congestion violacée du visage) : Carbo vegetabilis 5 CH.

– Survenant 1 à 2 heures après le repas avec sensation de poids lourd sur l’estomac ; quelques éructations ; somnolence postprandiale courte : Nux vomica 9 CH.

Ballonnement surtout sous-ombilical

Le ballonnement est accompagné d’un gonflement du ventre dès la fin du repas, somnolence postprandiale longue, éructations acides qui ne soulagent pas et flatulences douloureuses : Lycopodium 9 CH.

Ballonnement de tout l’abdomen

– S’il survient même après un repas léger ; atonie digestive générale, goût amer dans la bouche ; pas d’amélioration par gaz et éructations ; abdomen distendu après avoir mangé des fruits, amélioration plié en deux : China 5 CH.

– En cas de ballonnement gastrique considérable dès le repas, flatulences intestinales tardives, douloureuses, excessives ; brûlures ; amélioration en position assise : Kalium carbonicum 5 CH.

Posologie

Pour tous ces remèdes, prendre 5 granules 15 minutes avant les deux principaux repas.

Votre conseil

En cas d’aérophagie éviter les boissons gazeuses, le chewing-gum, les féculents. Les sucreries favorisent les fermentations.

Douleurs d’estomac

Des douleurs ressenties au creux épigastrique à type de crampes ou de brûlures peuvent être le signe d’une simple gastrite, mais peuvent être dues également à des pathologies beaucoup plus graves d’origine stomacale (ulcère, reflux) ou sans rapport avec l’estomac (lithiase biliaire, atteinte colique).

La consultation médicale s’impose si ces troubles sont inhabituels ou durent depuis plus de huit jours. Le conseil homéopathique ne s’adresse qu’aux maux récents ou en attendant la consultation.

Douleurs à type de crampes

– Douleurs très violentes et douloureuses ; améliorées en buvant quelques gorgées d’eau froide : Cuprum 5 CH.

– Sensation que l’estomac est serré ; amélioration plié en deux ou couché sur le ventre, et par la chaleur locale ; crise souvent déclenchée par la colère, les féculents : Colocynthis 5 CH.

– Même symptomatologie que Colocynthis sans le contexte psychologique : Magnesia phosphorica 5 CH.

– Douleurs « nerveuses » à la suite d’une vive émotion ; faim « nerveuse » avec sensation de vide épigastrique, non améliorée en mangeant : Ignatia 5 CH.

– Posologie : 3 granules toutes les demi-heures. Espacer dès amélioration.

Douleurs à type de brûlures avec acidité

De très nombreuses souches homéopathiques sont utilisables en cas de brûlures d’estomac. Le plus simple à l’officine est de conseiller Robinia 5 CH et Iris versicolor 5 CH, 3 granules de chaque avant les repas avec Nux vomica 9 CH, 3 granules au réveil et au coucher.

Votre conseil

– Rappelez les règles hygiénodiététiques visant à améliorer la symptomatologie dyspeptique : vie calme, horaires de repas réguliers, suppression des aliments générateurs de symptômes. Déconseillez le tabac et la prise excessive de café ou d’alcool.

– Conseillez des boissons légèrement gazeuses et plutôt alcalines.

– Vérifiez que les douleurs ne sont pas liées à la prise de médicaments (antalgiques, anti-inflammatoires).

Indigestion

Excès de nourriture, intolérance alimentaire, l’indigestion correspond à un trouble digestif postprandial occasionnel qui s’exprime le plus souvent par : « Je suis barbouillé », « J’ai la nausée », « J’ai un peu mal à la tête ». A la différence de la toxi-infection alimentaire qui frappe plusieurs personnes, il n’y a pas ou rarement de diarrhée. Si ces sensations de pesanteur, plénitude, nausées, somnolence… sont chroniques, un traitement de fond prescrit par le médecin est nécessaire.

Suite d’excès alimentaire

– Excès d’aliments acides, mauvais vin ; langue blanche sur toute sa surface, gaz gastriques et intestinaux ; vomissements qui ne soulagent pas les nausées ; souvent diarrhée mi-solide, mi-aqueuse : Antimonium crudum 7 CH.

– Troubles apparaissant 1 à 2 heures après l’excès alimentaire (aliments riches, épicés, alcool) ; langue chargée uniquement dans sa partie postérieure ; amélioration par une courte sieste, par les vomissements : Nux vomica 7 CH.

– Nausées intenses avec vomissements qui ne soulagent pas ; langue propre ou très légèrement blanche ; hypersalivation : Ipeca 7 CH.

Blocage de la digestion

-> Suite à une contrariété : Ignatia 9 CH.

-> Par colère avec spasmes : Colocynthis 9 CH.

Sensibilité particulière

Les troubles peuvent apparaître à la moindre absorption d’un aliment, ou au contraire au cours d’un excès de consommation de cet aliment :

-> Vin, spiritueux, excitants : Nux vomica 7 CH.

-> Mets vinaigrés, acides : Antimonium crudum 7 CH.

-> Fruits de mer (huîtres), oignons, féculents : Lycopodium 7 CH.

-> Aliments gras, glaces, pâtisseries : Pulsatilla 7 CH.

-> Bière : Kalium bichromicum 7 CH.

-> Fruits verts : China 7 CH.

-> OEufs : Ferrum metallicum 7 CH.

Posologie

Pour toutes ces souches, 3 granules toutes les demi-heures. Espacer dès amélioration.

Votre conseil

Pour soulager les nausées, recommandez des boissons gazeuses légèrement dégazéifiées.

Crise de foie

La « crise de foie », qui semble être un mal bien français, n’existe pas médicalement. Vos clients décrivent pourtant sous ce vocable divers symptômes.

Indigestion

Impression d’inconfort digestif avec pesanteurs, nausées, bouche pâteuse : il s’agit d’une indigestion ou bien de la « gueule de bois » après un repas trop arrosé.

Colopathie fonctionnelle

Elle associe douleurs intestinales avec flatulences, alternance de diarrhée et de constipation.

Migraine

Elle associe volontiers maux de tête et vomissements. Le foie n’est pas en cause.

Douleur hépatobiliaire

Elle associe nausées, vomissements, maux de tête et surtout douleurs sous les côtes du côté droit. Celles-ci proviennent de la vésicule biliaire, qu’il faut drainer pour faciliter la digestion et le transit intestinal.

Proposez une formule composée : Chelidonium composé 15 gouttes 1/4 d’heure avant les deux repas ou Ricinus composé à la même posologie.

Votre conseil

Si les symptômes persistent, une consultation médicale s’impose pour vérifier la fonction hépatobiliaire. Si en outre ces « crises de foie » sont fréquentes, la prescription d’un traitement de fond homéopathique est indispensable.

Cas de comptoir

Monsieur Pix, la cinquantaine, a en permanence le ventre gonflé. Tout ce qu’il mange semble se transformer en gaz. Y a-t-il une autre solution que de desserrer la ceinture du pantalon ?

Conseillez-lui de prendre ses repas plus calmement en évitant les aliments qu’il supporte mal et en privilégiant les bifidobactéries. Complétez avec un traitement homéopathique : China 5 CH (ballonnement de tout l’abdomen) associé à Carbo vegetabilis 5 CH (tout se transforme en gaz), 3 granules de chaque avant les deux repas.

Vomissements

– Les vomissements peuvent avoir de multiples étiologies : mal des transports, indigestion, début de grossesse, toxi-infection alimentaire… Ils nécessitent alors un traitement spécifique.

– S’ils sont d’origine iatrogène, ou s’ils sont accompagnés d’autres signes comme un arrêt des matières et des gaz, des douleurs lombaires ou épigastriques brutales, une fièvre, des céphalées ou de vertiges, un avis médical est nécessaire rapidement.

– En attendant le médecin, conseillez :

Ipeca 4 CH si les vomissements sont abondants, n’améliorant pas les nausées ;

Iris versicolor 5 CH s’ils sont bilieux.

– Prendre 5 granules toutes les demi-heures en espaçant les prises au fur et à mesure de l’amélioration.

Repas de fête sans gueule de bois !

Les occasions de faire la fête autour d’un bon repas ne manquent pas en ce mois de décembre. Mais les lendemains déchantent parfois.

– Pour éviter la gueule de bois, conseillez : Nux vomica 5 CH, 5 granules avant et après le repas, le soir au coucher et le lendemain matin. Si le repas doit être bien arrosé, ajouter Paullinia 4 CH, 5 granules entre les différentes libations et après le repas.

– S’il est trop tard pour prévenir, il reste encore la possibilité de traiter ce début de malaise : Nux vomica 5 CH ou 7 CH, 3 à 5 granules toutes les 30 minutes pendant deux heures puis toutes les deux heures jusqu’à la fin des troubles. S’il n’y a pas d’amélioration nette en deux prises ou en cas de troubles d’emblée importants, ajouter Nux vomica 9 CH, une dose à répéter six heures après.