La médecine anti-âge demande à bien vieillir

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Publié le 24 juin 2006
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Face au vieillissement, l’essor du marché de la médecine anti-âge était prévisible. Mais son hypermédiatisation suscite bien des interrogations.

Si ce terme est compréhensible par tous, il reste une dénomination commerciale pour ce que nous préférons qualifier d’optimisation de la longévité et de maintien des performances », rectifie Christophe De Jaeger. La médecine anti-âge consiste à explorer l’ensemble des paramètres biologiques, cliniques et physiologiques des patients pour les resituer par rapport aux normes correspondant à leur âge physiologique. Sont alors proposées une adaptation de l’hygiène de vie, une correction des éventuelles carences et une prise en charge des pathologies diagnostiquées.

Un protocole bien éloigné de la médecine miracle qu’on voulait nous vendre. Car la pilule antivieillissement n’existe pas, même si quelques vertus de certaines molécules, comme la DHEA, ne sont pas infondées. Mais on est loin du miracle annoncé. « Cet épisode a au moins eu le mérite de mettre le pied à l’étrier des professionnels pour s’engager dans la prise en charge du vieillissement. Mais il était illusoire de croire possible de ralentir la machine en prenant une pilule sans rien modifier, en contrepartie, à ses habitudes de vie ! Comme toute discipline émergente, nous sommes confrontés à des problèmes de crédibilité. Pour autant, en travaillant rigoureusement, en évitant les associations nous décrédibilisant (esthétique anti-âge) et en disposant de moyens scientifiques d’évaluation, la médecine du vieillissement s’intégrera lentement dans les activités de médecine générale », estime Christophe De Jaeger. La question n’étant donc pas de moins vieillir mais de mieux vieillir…

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