La connaissance du génome du moustique permettra-t-elle d’éliminer le paludisme ?

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Publié le 12 octobre 2002
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Le décryptage des génomes du Plasmodium falciparum, agent du paludisme, et de Anopheles gambiæ, son vecteur, ont fait grand bruit dans tous les médias. Ces avancées sont-elles décisives ?

L’avis de Robert Ménard, chercheur de l’Institut Pasteur au sein de l’unité Biologie et génétique du paludisme :

« Je reste prudent car les possibilités découlant de ces séquençages restent très intellectuelles pour le moment. La séquence d’un génome n’a pas d’application immédiate en soi, elle constitue une base de données. Mais cela va considérablement faciliter les recherches qui dureront tout de même encore des années. Les applications potentielles sont très diverses. La plus évidente est de trouver de nouvelles drogues antipaludéennes ainsi que de nouveaux insecticides grâce à ces « cartes anatomiques » de l’arsenal moléculaire et des voies métaboliques du parasite et du moustique. En parallèle, comprendre les mécanismes de résistances aux insecticides pour le moustique et aux antipaludéens pour le Plasmodium permettra peut-être de contourner le problème.

La seconde grande direction, beaucoup plus fondamentale, est d’essayer de mieux comprendre l’interaction intime entre le parasite et le moustique en espérant tomber sur une piste de traitement. »

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