Inspra : des études complémentaires demandées

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Publié le 19 novembre 2005
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ÉPLÉRÉNONE

L’éplérénone est un diurétique antagoniste de l’aldostérone sur les récepteurs aux minéralocorticoïdes, tout comme la spironolactone (Aldactone) dont il dérive structurellement. L’étude « Ephesus » a inclus plus de 6 600 patients suivis pendant 3 ans, au décours d’un infarctus du myocarde et présentant une dysfonction ventriculaire gauche ainsi que des signes cliniques d’insuffisance cardiaque. Elle a prouvé que l’administration d’éplérénone permettait de réduire le risque de morbimortalité cardiovasculaire lorsque cette molécule est prescrite en complément des traitements standards incluant inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) ou antagoniste des récepteurs de l’angiotensine II, bêtabloquants et diurétiques. La réduction du risque absolu sur les critères de mortalité, toutes causes confondues, a été de 2,3 %. Cette efficacité clinique concerne essentiellement les patients âgés de moins de 75 ans. Au-delà de cet âge, les bénéfices du traitement restent incertains.

Le traitement par Inspra bénéficie d’une bonne tolérance : l’incidence globale des événements indésirables décrits (78,9 %) est analogue à celle décrite sous placebo (79,5 %). La survenue d’une hyperkaliémie (par inhibition de la fuite potassique induite physiologiquement par l’aldostérone) est observée chez 3,4 % des patients inclus dans le bras éplérénone versus 2 % dans le bras placebo. Il faut aussi signaler la survenue d’étourdissements, d’une hypotension, de diarrhées, de nausées et d’anomalies de la fonction rénale.

L’éplérénone améliore le service médical rendu de façon modérée (ASMR III) chez les insuffisants cardiaques après un infarctus du myocarde récent.

La Haute Autorité de santé déplore l’absence de comparaison directe entre éplérénone et spironolactone et demande que soit réalisée une étude de suivi des patients sous Inspra.

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Voir « Le Moniteur » n° 2598 du 08.10.2005.