Homéopathie : Granules amers

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Publié le 8 octobre 2003
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Selon Boiron, les économies attendues seront annulées si seulement 10 % des prescriptions se reportent sur l’allopathie.

Christian Boiron, fondateur du laboratoire leader mondial de l’homéopathie, veut encore y croire, même si la diminution du taux de remboursement de l’homéopathie paraît certaine : « Il n’est pas question de prendre cette mesure comme acquise. Elle est trop absurde socialement et économiquement pour ne pas être remise en question. » L’homéopathie représente aujourd’hui 0,8 % du coût des médicaments remboursés, le coût moyen des granules étant 4,5 fois inférieur au coût des médicaments classiques. « Les 66 millions d’euros d’économies attendus seront totalement annulés si seulement 10 % des prescriptions se reportent vers l’allopathie, précise Christian Boiron. Or, on sait qu’en cas de baisse de remboursement les transferts sont inévitables. » Il reproche au gouvernement sa politique de SMR, qui demande la preuve scientifique de l’efficacité d’un médicament pour le rembourser. « La notion de SMR est discutable dans son application, estime Christian Boiron. Chaque médicament reçoit un SMR dans une pathologie précise, mais l’efficacité d’un médicament homéopathique ne s’arrête pas à une seule pathologie. Et puis l’homéopathie n’a pas les moyens économiques de payer la recherche nécessaire à son évaluation. »

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