Grippe A(H1N1), fin de la pandémie… et des polémiques ?

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Publié le 28 août 2010
Par Magali Clausener
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Le 10 août, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), annonçait la fin de la pandémie de grippe A(H1N1). Le sujet était clos. En France aussi, d’autant que les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat, respectivement « sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne de vaccination de la grippe A(H1N1) » et le rôle des firmes pharmaceutiques, avaient rendu leurs conclusions. Le premier rapport, publié le 13 juillet, dressait un bilan chiffré : la campagne a coûté entre 615 et 670 millions d’euros. Pour autant, Jean-Pierre Door, auteur du rapport, note que ce coût « considérable » n’est pas « excessif ou déraisonnable » au regard de la protection de la population et de l’ampleur de la crise sanitaire. Il estime que « les pouvoirs publics n’ont fait – et bien fait – que leur devoir » et que leurs « apparentes tergiversations » ne reflètent « que la progression, en temps réel, des connaissances sur la pandémie à laquelle ils devaient faire face. »

Des contrats déséquilibrés et rigides

Le rapport de la commission d’enquête du Sénat, rendu, lui, le 5 août, est plus critique. Il juge les contrats passés avec les laboratoires « déséquilibrés et rigides », ayant « imposé au gouvernement des achats démesurés ». Concernant l’OMS, il estime « indispensable que la définition de la pandémie intègre un critère de gravité » et nécessaire une plus grande transparence sur les liens d’intérêt de ses experts. Justement, le 11 août, l’OMS révélait l’identité des quatorze experts de son comité d’urgence. Cinq d’entre eux avaient reçu des financements pour leurs recherches de la part de GSK, Novartis, Sanofi-Aventis, Baxter ou Roche. L’OMS estimait cependant qu’il n’y avait là aucun conflit d’intérêt…

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