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Épisode 14 Poussée de polyarthrite
Paul Martin, le mari de Valérie Martin, souffre d’une polyarthrite rhumatoïde depuis plusieurs années. Depuis quelques jours, il a de nouveau de vives douleurs au niveau des mains. Il est traité actuellement par méthotrexate à raison de 17,5 mg par semaine.
Jeudi 13 octobre
– Paul Martin au téléphone avec son meilleur ami et collègue Christian :
Je suis désolé pour dimanche prochain, mais j’ai une nouvelle crise de rhumatisme. J’avais pourtant l’impression que cela s’était stabilisé depuis un moment.
– C’est encore tes mains ?
– Oui, et l’épaule droite aussi.
–En effet, c’est un peu compliqué pour la partie de pêche !
– Le médecin m’a juste prescrit un anti-infammatoire. Je ne suis pas sûr que cela suffise. Il m’a arrêté jusqu’à jeudi et m’a déconseillé le sport tant que cela ne va pas mieux.
– Comme ça, tu reviendras en forme ! Ce n’est que partie remise.
– J’espère. Je te laisse, je vais chercher une poche de glace pour diminuer l’inflammation sur le conseil de mon pharmacien.
Deux semaines plus tard au cabinet du médecin
– Dr Dubois : Bonjour Monsieur Martin, ça ne va pas mieux on dirait !
–Paul Martin : Non. La douleur me réveille la nuit. Je suis très fatigué le matin et mes mains sont raides. C’est pire que d’habitude. Ça me rappelle de mauvais souvenirs, avant le diagnostic.
– C’est ce que l’on appelle le dérouillage matinal. Cela doit passer en une heure.
– C’est que certains jours, je mets plus d’une heure avant de pouvoir me servir d’un stylo.
– Le célécoxib n’a pas eu d’effet sur vos douleurs ?
– Non.
– Après la période de poussée, vous pourrez utiliser des compresses chaudes pour réchauffer l’articulation. En attendant, vous continuez à utiliser des poches de glace. On va essayer un autre anti-inflammatoire : du piroxicam à prendre au cours d’un repas une fois par jour, ainsi qu’un antidouleur à prendre en cas de besoin.
A la pharmacie, ils vont peut-être vous dire que c’est déconseillé avec le méthotrexate, mais avec votre dosage, la prise est possible. Vous n’avez pas de problème d’estomac ?
– Non, je ne peux pas tout avoir ! Vous pensez que ça va enfin se calmer ? Je suis fatigué de tout ça. J’ai presque envie d’arrêter complètement le traitement. Le pharmacien m’avait installé une application sur mon téléphone pour me souvenir de prendre mes comprimés. Mais je suis au bout du rouleau. Ça ne sert à rien. Je ne fais plus rien de mes journées. Je n’ai plus le goût d’aller au boulot, ni même d’aller à la pêche ou au cinéma. Ma femme voudrait bien qu’on sorte un peu, mais je n’en ai pas le courage.
– Depuis combien de temps dure cette lassitude ? Est-ce à cause de la réapparition des symptômes ?
– Oui et non. Cela fait plusieurs semaines, depuis la rentrée quasiment. Je me force à faire plaisir aux enfants… à tout le monde, en fait. Mais l’envie n’est plus là. Je me sens seul… isolé.
– Je vais vous faire une lettre d’introduction auprès d’un confrère pour suivre une psychothérapie. Je pense que cela vous ferait du bien de discuter un peu de votre maladie avec quelqu’un de l’extérieur. Je vous prescris aussi un antidépresseur et on se revoit très prochainement pour faire le point.
A la maison
– Valérie Martin : Alors qu’a dit le médecin ?
– Paul Martin : Il faut que j’aille chez le psy. Il a changé l’anti-inflammatoire et m’a prescrit un antidépresseur : du Prozac. Mais le pharmacien m’a dit qu’il fallait au moins 15 jours avant d’en sentir les effets. Je retourne voir le médecin dans un mois.
– J’espère que tu seras plus en forme le week-end prochain, Oscar compte sur toi pour son match de handball.
– On verra. Tiens, tu peux m’aider à enfiler ce truc ?
– Qu’est ce que c’est ?
– Une orthèse de repos pour la main. D’après le docteur Dubois, ça peut aussi être bénéfique. Elle permet d’immobiliser l’articulation en bonne position. De toute façon, ça ne peut pas être pire. Le pharmacien m’a conseillé de la porter au moins la nuit ou devant la télévision.
– C’est bien ta taille ?
–Oui. Le pharmacien l’a adaptée à la forme de ma main. il a trempé certaines zones de l’attelle dans un bac d’eau très chaude. Le thermomètre indiquait 70 °C. Ensuite, il l’a modelée à ma main. Cela n’a pris que quelques minutes avant que le matériau ne redurcisse.
À RETENIR
• Le traitement des poussées de polyarthrite rumatoïde repose sur l’administration d’AINS en première intention (piroxicam en deuxième intention) ou une corticothérapie orale à faible dose. Des antalgiques (paracétamol et/ou opioïdes) peuvent également être indiqués.
• Durant les poussées, l’application d’une poche de froid à l’intérieur d’une serviette (pour éviter les brûlures) peut être bénéfique. En dehors des poussées, l’application de chaud sur une articulation douloureuse mais peu inflammatoire peut soulager les douleurs articulaires chroniques persistantes.
• Le port d’une orthèse de repos immobilisant ou stabilisant l’articulation a pour objectif de réduire l’inflammation articulaire, d’éviter ou de corriger une déformation ou de faciliter le mouvement. Elle doit être portée pendant les heures de repos au cours de la journée, et la nuit. Elle peut être de série ou faite sur mesure. Thermoformée, elle doit être adaptée au patient, soit à l’aide d’un pistolet à air chaud, soit à l’eau chaude.
• La polyarthrite rhumatoïde a un retentissement psychologique non négligeable, avec comme principales manifestations la dépression et l’anxiété. En première intention, un ISRS ou un IRSNa est indiqué. Le délai d’action est compris entre deux et quatre semaines. La prescription en période d’attaque va de deux à trois mois. Une psychothérapie est souhaitable en adjonction.
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