Des héparines à haut risque hémorragique

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Publié le 20 avril 2002
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Dans le cadre de la maîtrise du risque iatrogène, l’Afssaps a pointé du doigt les risques hémorragiques liés à la prescription des héparines de bas poids moléculaire (HBPM). « La communication a été un peu trop optimiste quant au risque hémorragique, au moment de la commercialisation des héparines de bas poids moléculaire », constate le Dr Jacques Caron, du centre régional de pharmacovigilance de Lille.

Sur près de 5 millions de patients traités chaque année, les complications sévères (saignements, thrombopénies) restent rares – entre 6 et 10 pour 100 000. Mais elles surviennent d’autant plus que les médicaments sont utilisés en traitement curatif ou lors d’un traitement préventif au-delà des durées et doses préconisées, le plus souvent dans des indications non conformes à l’AMM, chez le sujet âgé et/ou insuffisant rénal.

Des enquêtes évaluant les pratiques de prescription ont abouti aux mêmes conclusions. La Caisse d’assurance maladie des professions indépendantes a noté que « l’adéquation à l’ensemble des critères correspondant à l’AMM n’était démontrée que pour 5,2 % des patients ». La MSA a constaté des prescriptions ne respectant pas l’AMM aussi bien pour les indications (40 %) que pour la durée (57 %) ou la surveillance (67 %).

Une mise au point, insistant entre autres sur les durées de traitement (8 à 35 jours selon les indications) et sur l’importance d’un suivi biologique régulier, a été diffusée aux prescripteurs. Les AMM des six spécialités ont été révisées et bénéficient d’une « trame » générale commune. Les modifications apparaîtront en mai 2002 dans le « Cahier complémentaire » du Vidal.

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