Copaxone : mieux toléré que les interférons

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Publié le 29 novembre 2003
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Glatiramère

Pathologie auto-immune inflammatoire touchant le système nerveux central, la sclérose en plaques y induit une démyélinisation plus ou moins rapide. Le principal facteur immunologique à l’origine de la maladie semble être une réaction dirigée contre plusieurs facteurs antigéniques portés par la myéline : protéine basique de la myéline, protéine protéolipidique et/ou glycoprotéine des oligodendrocytes. Les réponses thérapeutiques se sont longtemps réduites aux immunosuppresseurs d’une efficacité très limitée et d’une toxicité préoccupante. La commercialisation de l’interféron bêta (Avonex, Betaferon, Rebif) a constitué une évolution significative dans le traitement de la sclérose en plaques rémittente.

L’acétate de glatiramère est l’acétate d’une association de polypeptides de synthèse composée de quatre acides aminés : L-alanine, acide L-glutamique, L-lysine, L-tyrosine. Cet immunomodulateur, administré à raison de 20 mg/j en sous-cutané, réduit significativement le taux des poussées de sclérose en plaques sur une période prolongée (au moins 6 ans). Il agit de plusieurs façons, complémentaires, au niveau périphérique comme au niveau central. Il se fixe notamment sur les antigènes d’histocompatibilité exprimés par les macrophages et favorise ainsi la différenciation de lymphocytes T suppresseurs spécifiques anti-inflammatoires. Ces lymphocytes franchissent la barrière hématoméningée puis sont réactivés dans le système nerveux central au contact des antigènes portés par la myéline, d’où, localement, l’induction de la production de cytokines anti-inflammatoires et la réduction de la production de cytokines pro-inflammatoires.

Au vu d’une étude en double aveugle, randomisée, multicentrique, sur 24 mois, versus placebo, le glatiramère permet de réduire la fréquence des poussées de sclérose en plaques récurrente-rémittente d’environ 30 %, un résultat comparable à celui observé avec les interférons. Il reste actuellement impossible de conclure que son administration ralentit la progression du handicap.

Copaxone est mieux toléré que les interférons. Toutefois des effets indésirables systémiques transitoires sont possibles après l’injection (bouffée vasomotrice, sensation d’oppression thoracique, dyspnée, palpitations, tachycardie). Des effets locaux sont également rapportés : érythème, douleur, induration, prurit, oedème, inflammation… A plus long terme, il y a aussi des arthralgies, des rashs, une lymphadénopathie, des oedèmes périphériques, des tremblements, de l’asthénie, des nausées.

Malgré l’absence de preuve de son action sur le ralentissement de la progression du handicap, Copaxone partage le niveau d’ASMR des interférons dans la prise en charge des patients ayant une sclérose en plaques de type récurrente-intermittente, c’est-à-dire le niveau I (majeur).

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Voir « Le Moniteur » n° 2505 du 11.10.03.