Cancer de la thyroïde : surdiagnostic 30 ans après Tchernobyl

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Cancer de la thyroïde : surdiagnostic 30 ans après Tchernobyl

Publié le 26 avril 2016 | modifié le 3 avril 2025
Par Anne Drouadaine
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30 ans après l’accident nucléaire de Tchernobyl et 5 ans après Fukushima, l’institut de veille sanitaire consacre le numéro 11-12 du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) du 26 avril 2016 à l’épidémiologie du cancer de la thyroïde.

Le premier constat est que l’incidence globale de ce cancer a augmenté partout dans le monde. Une part de cette augmentation est probablement liée à l’évolution des pratiques de diagnostic. Une incidence plus forte relevée dans les populations consommatrices de soins renforce cette hypothèse.

En France, les retombées radioactives de Tchernobyl sont régulièrement accusées d’être en partie responsables de l’accroissement du cancer de la thyroïde. Pourtant, les importantes disparités d’incidence du cancer de la thyroïde observées d’un département à l’autre ne dessinent pas de gradient géographique cohérent avec les retombées radioactives.

Attention au surdiagnostic

Aujourd’hui, pour les auteurs de l’éditorial François Bourdillon, directeur général de l’InVS et Jacques Repussard, ancien directeur de l’IRSN (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), ce sont les surdiagnostics qui « constituent en eux-mêmes une préoccupation de santé publique ». En effet, la réalisation d’intervention chirurgicale et la mise en route d’un traitement à vie peuvent être potentiellement dommageables et entraîner des surcoûts alors que « nombre de ces cancers diagnostiqués seraient restés sans expression clinique en l’absence de traitement ».

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