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Coup de chaleur
Véronique s’inquiète pour sa belle-mère. Après sa sieste sous la tente de plage, elle se sent faible. « Est-ce un coup de chaleur ? Pourtant elle était à l’ombre… »
Je propose
• De surveiller Sophie dans un premier temps. La placer immédiatement à l’ombre, dans un endroit frais et aéré. La déshabiller le plus possible et lui appliquer des linges humides sur le corps. Surveiller sa température toutes les dix minutes et lui donner des petites quantités d’eau régulièrement.
• De consulter à l’hôpital si la température ne baisse pas ou augmente, ou si d’autres signes comme ceux que je vous ai cités apparaissent.
• Un spray d’eau thermale pour rafraîchir facilement par pulvérisations régulières, à placer au réfrigérateur : Saint-Gervais, Avène, Uriage…
Le paracétamol est inutile car il ne permet pas de faire baisser la température en cas de coup de chaleur. Les AINS, y compris l’aspirine, peuvent aggraver une défaillance rénale ou perturber les mécanismes de thermorégulation. Ils ne doivent donc pas être conseillés.
J’explique
→ Un coup de chaleur peut survenir sans exposition au soleil. C’est un dérèglement de la régulation de la température corporelle après un long moment passé dans un espace surchauffé et confiné, comme la tente de plage dans laquelle elle s’est assoupie. La sensation de faiblesse peut en faire partie mais les signes d’alerte du coup de chaleur sont une température supérieure à 39 °C, des maux de tête violents, des vomissements, des propos incohérents, voire des convulsions. Par temps chaud, l’évacuation de la chaleur se fait surtout par la peau, de façon active par l’évaporation de sueur. La sueur produite rafraîchit le corps quand elle s’évapore à la surface de la peau et non quand elle est fabriquée.
→ Les personnes âgées sont plus sensibles aux coups de chaleur car leur capacité d’adaptation est moindre. Elles suent moins, ont moins la sensation de chaud et de soif. Le nombre de glandes sudoripares diminue avec l’âge. En cas de chaleur, elles sont sur-stimulées et s’épuisent. La production de sueur chute et les capacités de thermorégulation cutanée ne sont plus assurées.
Ce que je sais après interrogatoire
La température de Mamie Sophie était de 37,8 °C en rentrant de la mer, où elle a passé une partie de l’après-midi sous une tente de plage. Elle ne présente pas de vertiges, ni d’étourdissements ou de confusion. Après deux grands verres de thé froid, elle se sent mieux mais toujours fatiguée. Elle n’est pas hypertendue, ni insuffisante cardiaque.
Je suggère en plus
→ Des réflexes de prévention en cas de chaleur.
Le principe est de suppléer au manque de sueur chez la personne âgée car c’est la sudation qui assure la régulation de la température.
Il faut revêtir des vêtements amples et légers et mouiller régulièrement la peau avec des douches, un spray, des linges humides, puis la sécher en créant une aération ou en utilisant un ventilateur.
Une serviette humide tendue devant la fenêtre est également un bon réflexe. Et éviter les sorties durant les heures les plus chaudes, à moins de vous rendre dans un endroit climatisé.
→ Il faut aussi boire plus souvent, sans attendre d’avoir soif, entre 1 et 3 litres d’eau par jour, en évitant les boissons diurétiques comme le thé et le café.
Et continuer à manger normalement, en particulier des légumes et des fruits, pour apporter les sels minéraux qui sont éliminés par la sueur.
Si l’appétit de Sophie est faible en cas de chaleur, je peux proposer un soluté de réhydratation oral, à boire régulièrement durant les journées les plus chaudes : Physiosalt, BioGaia SRO…
Poursuivre une alimentation équilibrée normale est aussi important que de boire davantage pour compenser les pertes en sels minéraux, qui exposent notamment à une hyponatrémie par dilution. La baisse du sodium sanguin peut avoir des conséquences neurologiques sévères.
Je remets à Véronique un dépliant informatif pour compléter mes conseils : Fortes chaleurs : prévenir les risques sanitaires chez la personne âgée, disponible sur le site santepubliquefrance.fr, à la rubrique « Canicule ».
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