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A Pessac, on garde le rythme contre l’arythmie
Depuis octobre 2018, les 18 officines de Pessac en Gironde participent au dépistage de l’arythmie cardiaque des plus de 65 ans. L’objectif ? Prévenir les accidents vasculaires cérébraux. Une initiative menée par l’union régionale des professionnels de santé (URPS) pharmaciens de Nouvelle-Aquitaine et le CHU de Bordeaux.
C’est un bâton en métal d’une trentaine de centimètres, doté en son centre de voyants et de symboles. Conçu par des neurologues du CHU de Bordeaux (Gironde), il permet de dépister les arythmies cardiaques en effectuant un électrocardiogramme. Le principe est simple : le patient tient le bâton par ses deux extrémités et, après une minute, un voyant s’allume. S’il est vert, tout va bien. S’il est rouge, la personne peut présenter une fibrillation auriculaire et, par conséquent, un risque d’AVC. « Il est prouvé que l’AVC ischémique est dû à un petit problème cardiaque qui est passé inaperçu, explique François Martial, président de l’URPS Pharmaciens de Nouvelle-Aquitaine. Or, une fibrillation auriculaire peut conduire à la formation de microcaillots et à un AVC. Et ce risque augmente avec l’âge. Lors de rencontres avec le CHU de Bordeaux, nous avons fait savoir que nous étions prêts à participer à des actions de prévention et de sensibilisation aux risques d’AVC. » D’où l’idée avec l’agence régionale de santé (ARS) de mener une première expérimentation de dépistage de l’arythmie cardiaque en officine, à Pessac, commune à la périphérie de Bordeaux. Les 18 officines pessacaises ont accepté de jouer le jeu durant un an, à compter d’octobre 2018.
« Nous avons une “baguette” par officine, relate Isabelle Ventenat, titulaire de la pharmacie De Carreire. Nous demandons aux patients de plus de 65 ans s’ils veulent passer ce dépistage. S’ils sont d’accord, nous remplissons avec eux un questionnaire sur leurs antécédents – hypertension artérielle, AVC dans la famille – et nous leur faisons tenir le bâton. Si le test est positif, nous les orientons vers leur médecin traitant. »« Les questionnaires sont anonymes, nous mentionnons le sexe et l’âge, ainsi que le nom du médecin traitant », précise Michel Truquet, cotitulaire de la pharmacie de l’hôtel de ville.
Un objectif de 5 000 dépistages
Tous les pharmaciens ont suivi une formation à l’utilisation du bâton et à l’entretien avec le patient. Autre condition pour réaliser le dépistage : disposer d’un espace de confidentialité. « Au début de l’opération, j’ai réalisé une vingtaine de dépistages et ensuite moins. Mais en janvier, la presse a reparlé de cette action et j’en ai réalisé de nouveau. Pour l’instant, je n’ai heureusement eu aucun résultat montrant un facteur de risque », note Isabelle Ventenat. « Je fais environ 80 tests par mois. Certaines personnes le demandent spontanément, remarque Michel Truquet. Environ 10 personnes ont eu un résultat positif. » C’est l’hôpital qui recueille les questionnaires ainsi que les électrocardiogrammes en vidant régulièrement la mémoire des bâtons. « Les officines ont déjà réalisé 1 500 tests et notre objectif est d’en faire 5 000 », commente François Martial. Chaque pharmacie perçoit 150 euros par mois, financés par l’ARS avec le fonds d’Intervention régional (FIR). Cela sera aussi le cas pour la prochaine action qui sera lancée en septembre 2019 dans une trentaine de communes du Haut-Médoc. « Une quinzaine d’officines seront concernées. Nous allons aller plus loin en ajoutant une téléexpertise. Les électrocardiogrammes vont être transmis à un centre expert et seront lus par des neurologues », anticipe déjà François Martial.
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