Prix et valeurs des officines en 2022 : les huit points à retenir

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Prix et valeurs des officines en 2022 : les huit points à retenir

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Publié le 7 avril 2023
Par Francois Pouzaud
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La 29e étude « Prix et valeur des pharmacies » de la société Interfimo, présentée le 6 avril à Paris, a livré les résultats statistiques de l’année 2022. Eléments clés d’une année, une fois encore, assez exceptionnelle.

. Les volumes de transactions sont en repli de 7 % : 1490 opérations ont été recensées en 2022 contre 1596 en 2021. Ce chiffre est tiré vers le bas par la nouvelle chute, de 13 % l’an dernier, du nombre de cessions de fonds de commerce. Force est de constater que la loi de finances pour 2022 autorisant temporairement l’amortissement du fonds commercial lors d’une acquisition n’a pas dynamisé le marché. En revanche, les cessions de titres continuent d’augmenter (+ 2 %) mais représentent encore une part minoritaire (46 %) des transactions.

. Compte tenu de l’écart grandissant constaté entre le marché des petites et des grandes officines, les moyennes ne veulent plus rien dire. C’est particulièrement vrai pour 2022, où les ventes de petites pharmacies sont de plus en plus faibles en nombre (15 % du total des mutations). Pour cette raison, les analyses statistiques d’Interfimo se concentrent davantage sur les achats/ventes de pharmacies de plus de 1,2 M€ de chiffre d’affaires hors taxe (CA HT).

. La hausse des taux d’intérêt observée surtout à compter du second semestre 2022 n’a pas affecté la valorisation des officines. La moyenne des prix de cession progresse de 4 points à 87 % du CA HT pour les officines réalisant plus de 1,2 M€ de CA HT et de 4 points également à 64 % du CA HT pour les officines de moins de 1,2 M€ de CA HT. La hausse des prix constatée sur les petites affaires peut s’expliquer par des opérations d’achats stratégiques  survalorisés par rapport au prix économique. Par exemple, une opération d’achat-transfert.

. Les dispersions de prix sont de plus en plus marquées entre les différentes catégories d’officines, notamment selon leur taille. Elles continuent d’augmenter avec 60 % des transactions comprises entre 74 % et 100 % du CA contre 72 % et 96 % en 2021.

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. La moyenne des prix de cession est également en hausse en multiple de l’excédent brut d’exploitation – EBE (coefficient de 5,4 en 2022 contre 5,2 en 2021 pour les officines de moins de 1,2 M€ de CA, coefficient de 6,7 en 2022 contre 6,6 en 2021 pour les officines de plus de 1,2 M€ de CA).

. Les dispersions de prix s’amplifient également selon cette dernière méthode de valorisation des fonds, confirmant nettement le caractère déterminant de la taille de l’officine et de son emplacement : 60 % des transactions sont comprises entre 5 et 8,3 fois l’EBE, contre 5 et 8 fois l’EBE en 2021.

. Les régions les moins chères en pourcentage du CA HT sont Bourgogne Franche Comté (77%) et le Grand-Est (81%), et en multiple de l’EBE, Bourgogne-Franche-Comté (5,8), Normandie (6,4) et Nouvelle Aquitaine (6,4).

. Les régions les plus chères en pourcentage du CA HT sont Bretagne (93%), Nouvelle Aquitaine (90 %), Corse (90 %), PACA (89 %), Pays de la Loire (89 %) et, hors région, Paris (89 %), et en multiple de l’EBE, Bretagne (7,3), Ile-de-France (7,0) et Paris (7,0).