Transactions : la désertification médicale refroidit les acquéreurs dans le Limousin et en Auvergne

© Le marché de la transaction n’est pas volcanique en Auvergne et Limousin - Fotolia

Transactions : la désertification médicale refroidit les acquéreurs dans le Limousin et en Auvergne

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Publié le 26 octobre 2016
Par Francois Pouzaud
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En parallèle d’une enquête décryptant les cessions d’officines parue dans son édition papier du 15 octobre 2016, Le Moniteur des pharmacies s’est livré à un tour de France pour analyser le marché de la transaction. Le Limousin et l’Auvergne sont en proie à la désertification médicale. Pour cette raison, les primo-accédants sont très peu nombreux, alors que les effectifs des vendeurs en âge de prendre leur retraite augmentent.

« Nous avons un surplus de mandats de vente pour les petites officines », livre Sylvain Coutable, de Pharmétudes. Il faut dire que les futurs installés ne sont pas prêts à s’établir n’importe où. Mais c’est quoi le « n’importe où » pour eux ? Le centre-ville d’une métropole régionale où la surdensité des officines tourne à l’asphyxie, la rase campagne où chaque départ en retraite d’un médecin traitant suscite de terribles inquiétudes. 
Et pourtant, c’est dommage ! « De nombreuses opérations restent fiscalement intéressantes car beaucoup de pharmacies se situent en zone de revitalisation rurale, si ce dispositif était mieux connu des acquéreurs, il y aurait peut-être plus de candidats à l’installation dans ces zones… », s’interroge Sylvain Coutable. 
La désaffection des adjoints a pour conséquence de dynamiser un autre marché : les regroupements et rachats de clientèle à l’initiative de grosses pharmacies. « Sur le Limousin, ils représentent actuellement 80 % de nos dossiers à Pharmétudes. » 

En Auvergne, le dynamisme du marché fait également défaut. « Les cessions se font beaucoup par le bouche à oreille en local et se situent en moyenne aux alentours de 76 % du CA et 6,1 fois l’EBE», précise Elisabeth Guévremont de l’Auxiliaire Pharmaceutique. Celles d’officines de 1 million d'euros et moins se valorisent systématiquement sur des pourcentages inférieurs à 70 % car les repreneurs sont frileux et veulent limiter les risques. « Le prix moyen de vente  se situe entre 800 000 € et 1,2 M€ », complète Thierry Annette du même cabinet. 
A Clermont-Ferrand, les acquéreurs boudent les pharmacies du centre-ville, alors qu’en s’éloignant un peu en zone semi-rurale, les affaires de taille moyenne trouvent encore des repreneurs.

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Lisez aussi l’enquête Les cessions d’officines se réveillent, publiée dans Le Moniteur des pharmacies N° 3146 du 15 octobre 2016.