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Small is beautiful
En rachetant en décembre dernier une officine nantaise à moins de 20 % de son CA, Margot Nourry démontre qu’il existe encore des opportunités d’installation dans les petites officines.
Quand ce genre d’opportunité se présente, il ne faut pas trop réfléchir avant de se lancer », conseille Margot Nourry, une pharmacienne quadragénaire qui aspirait à s’installer après avoir vadrouillé en tant qu’adjointe ou remplaçante. Fin octobre 2014, son cabinet de transactions l’informe de la liquidation judiciaire d’une petite pharmacie. Deux mois plus tard, son offre de reprise est acceptée par le juge. « L’affaire avait été proposée à deux confrères installés dans le quartier, mais ils n’étaient pas intéressés pour racheter la clientèle », précise Margot Nourry.
Possédant les fonds nécessaires sur son compte, la nouvelle titulaire n’a pas eu besoin de passer sous les fourches caudines des banques. « Sur une affaire de plus d’un million d’euros à la vente en Vendée, je n’avais pas eu d’accord de financement car les banques me demandaient entre 30 % et 40 % d’apport. Ici, à Nantes, je ne prends aucun risque financier, je connais d’ailleurs très bien le quartier puisque j’y ai passé mon enfance. Une de mes amies de la faculté s’est installée à 1 kilomètre d’ici il y a 12 ans et sa pharmacie a toujours bien évolué. »
« On peut vivre très bien dans une petite officine »
Le risque – non négligeable – de racheter une petite officine de quartier, et dont la revente dans plusieurs années reste aléatoire, n’a jamais rebuté Margot Nourry. « Dans une petite structure, le titulaire peut encore mieux jouer son rôle social. Aujourd’hui, mon but est de posséder un outil de travail et de pouvoir en vivre, et non de spéculer sur la revente. Je connais beaucoup de titulaires qui s’épanouissent dans l’exploitation d’une petite officine et qui, malgré tout, en vivent très bien. »
La pharmacie rachetée avait périclité sous la gestion du précédent titulaire qui exerçait seul. « Pourtant, elle est bien visible, située à un angle de rue, et il est facile de s’y arrêter. A la fin, elle n’était plus fréquentée que par les personnes âgées, alors qu’il y a beaucoup de jeunes ménages avec deux ou trois enfants dans le quartier. Mais ces derniers pensaient qu’elle était fermée… », raconte Margot Nourry. Rien d’étonnant à cela : « Il n’y avait pratiquement plus de stock et de produits sur les étagères, les panneaux en vitrine obstruaient toute visibilité de l’extérieur et la pharmacie n’était quasiment plus éclairée puisque, sur 15 spots, un seul fonctionnait. En plus, l’ancien titulaire pratiquait des prix très élevés. »
Entre la fin du mois de décembre et le 12 janvier, date de réouverture de l’officine, la pharmacie a été sérieusement rafraîchie (nettoyage, travaux de peinture, doublement du stock, aménagement des rayons bébé, parapharmacie, phytothérapie, etc.). L’objectif de Margot Nourry est de redresser le chiffre d’affaires et de le hisser à 400 000 ou 500 000 € à la fin de l’année.
En attendant mieux. Travaillant seule pour l’instant, en compagnie de son conjoint qui l’aide sur les tâches du back-office, la jeune titulaire espère pouvoir prendre rapidement une préparatrice à mi-temps. Elle sait qu’elle ne prendra pas de vacances pendant un an, mais cela ne l’effraie pas.
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