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S’installer dans une maison de santé
En 2012, Valérie Bourrel-Berthomieu, titulaire à Axat (Aude), un petit village de 600 habitants, a choisi d’intégrer la maison de santé intercommunale ouverte dans la commune.
J’ai rejoint le centre d’Axat où je suis mieux placée à proximité de tous les professionnels de santé », explique Valérie Bourrel-Berthomieu, qui était précédemment installée au bord d’une route nationale à la sortie du village, sans parking. Avec ses quatre salariés, c’est donc sans états d’âme qu’elle quitte les murs, dont elle était propriétaire, pour devenir locataire d’un local (pour 650 € par mois) à l’entrée de la maison de santé pluriprofessionnelle* installée à Axat (Aude). « Christian Valero, le médecin qui a eu l’idée de cette maison, voulait la mettre en place avant de partir à la retraite pour anticiper le phénomène de désertification médicale et garantir une offre de soins de proximité, rappelle la pharmacienne, qui n’a pas été spontanément sollicitée au départ. On ne pense pas forcément aux officinaux, mais plutôt auxinfirmiers ou aux kinés. Nous ne devons pas rester en retrait. Je me suis manifestée et j’ai été bien accueillie. Dans notre commune où l’essentiel de la patientèle a plus de 65 ans, j’ai vu ce projet comme une condition de survie. »
Un budget de 50 000 euros
Ce choix a néanmoins généré un coût. Si le mobilier de l’ancienne officine a pu être réutilisé dans le back-office, l’espace client précédent était minuscule et il a fallu tout réaménager : mettre des rayonnages pour la parapharmacie, aménager un espace de confidentialité et d’orthopédie… « Je suis passée de 30 m2 d’espace de vente (et un grand back-office) à 90 m2 avec un petit back-office de 40 m2 qui oblige à ranger souvent. J’ai profité de ma nouvelle installation pour moderniser mon officine. »
La pharmacienne y a consacré un budget de 50 000 € après avoir frappé aux portes des banquiers pour obtenir un crédit. La perspective de vendre l’ancien local a aidé. « Il n’est pas aisé pour un pharmacien qui possède son propre fonds de commerce de faire le choix d’un tel projet, ne serait-ce que pour ce problème de transfert. » D’autant que Valérie Bourrel-Berthomieu craignait de « léser [ses] patients, voire de les perdre, en [se] déplaçant ». Pour pallier cette crainte, elle a effectué un sondage avant de prendre sa décision. « La quasi-unanimité était d’accord pour ce transfert et le comprenait, j’avais besoin de ce soutien, ça m’a rassurée. »
La fréquentation de son officine a augmenté de près de 10 % entre 2013 et 2014. Son chiffre d’affaires (près de 1 M €) s’est stabilisé. « Comme beaucoup de confrères j’ai eu des soucis de trésorerie, ils se sont aplanis, ma marge a même légèrement augmenté (+ 1,5 %). » Mais ce sont surtout ses méthodes de travail qui ont changé. « Je ne travaille plus seule dans mon coin mais en coordination avec les médecins qui m’amènent des connaissances que je n’ai pas toujours sur les maladies et le parcours de soins de nos patients ».
* Maison pluriprofessionnelle de santé de la Haute Vallée de l’Aude et du Donezan où exercent 14 professionnels de santé dont deux médecins pour un bassin d’une trentaine de villages à cheval sur l’Ariège, les Pyrénées-Orientales et l’Aude.
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