Nouveau départ après association

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Publié le 8 mai 2021
Par Francois Pouzaud
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Deux trentenaires qui s’étaient installés en association pour leur premier achat dans l’Hérault ont fait le choix d’une seconde acquisition… chacun de leur côté. Aspirations et inspiration.

Un nouveau projet ou des envies d’ailleurs sont un bon moyen de donner un nouvel élan à sa carrière. Et de retrouver l’entrain quand une certaine lassitude vous gagne… Sophie Biedermann et Julien Nocella se sont installés pour la première fois en 2014 à Lodève, dans l’Hérault, mais ont continué à habiter à Montpellier. Les trajets quotidiens du domicile montpelliérain au lieu de travail ont eu raison à la longue de leur attachement à cette première acquisition. « 45 minutes de trajet le matin, autant le soir, cela finit par être usant », avoue Julien Nocella. De plus, Sophie Biedermann aspirait à se rapprocher de sa famille, notamment de ses parents retraités sur la Côte d’Azur. « La proximité du lieu de travail et la distance séparant le domicile de l’officine sont des éléments importants à considérer, surtout pour les femmes qui doivent faire face à leurs obligations de chef d’entreprise et de mère de famille, explique-t-elle. Et on ne fait plus forcément les mêmes concessions avant 30 ans et après 35 ans ! »

En janvier 2020, ces deux cotitulaires mettent fin à leur association et revendent au prix du marché (plus de 80 % du CA HT) l’officine commune dont le chiffre d’affaires (CA) s’est hissé de 1,9 M€ HT au moment de l’achat à 2,1 M€ au moment de la revente.

Une SPF-PL en deuxième installation

Au bout de six ans, ils ont capitalisé suffisamment pour se projeter chacun de leur côté en deuxième installation sur une affaire plus importante. « J’ai multiplié mon apport personnel par trois ou quatre, ce qui m’a permis d’acquérir en octobre 2020 une pharmacie de 2,5 M€ de CA à Quissac dans le Gard, située à seulement 20 minutes de Montpellier, au prix du marché mais en direct (sans intermédiaire) avec le cédant », précise Julien Nocella qui a amplifié également sa capacité d’endettement en passant par une société de participations financières de professions libérales (SPF-PL).

Ayant conservé tous les deux le même avocat pour les actes de cession et le montage juridico-financier, Sophie Biedermann a recours aussi à la SPF-PL comme outil d’acquisition. « J’ai trouvé une officine de 2,4 M€ à Cogolin, dans le Var. C’était la première que j’ai visitée dans ce département par l’entremise de Pharmathèque. J’ai pris ma décision en 2 heures, car elle répondait à tous les critères dans le cadre d’une projection à long terme. » Les atouts de cette pharmacie achetée plus cher (4 à 5 points de plus en pourcentage du CA HT) que celle cédée ? La proximité avec son domicile, un parking, une surface clients de 220 m2 après travaux, un CA en parapharmacie qui sommeillait avant la reprise, 14 000 habitants l’hiver, le double l’été… « J’ai repris le 1er mai 2020 et, malgré la crise sanitaire, j’ai déjà dépassé mes objectifs de CA en première année de 200 000 €. »

Pour Julien Nocella, resté dans sa région : « La cédante et moi étions affiliés au même groupement (Giphar). Nous nous connaissions parce que nous pratiquions ensemble des rétrocessions. Elle m’avait averti de son intention de vendre pour son départ à la retraite ».

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Le principal atout de cette pharmacie est son implantation au sein d’un pôle médical où se côtoient des cabinets médicaux (6 médecins), dentaires (3 chirurgiens-dentistes), un laboratoire d’analyses médicales, une maison d’infirmières… Le seul réel inconvénient dans cette commune d’environ 7 000 habitants avec le bassin de population environnant est la présence d’une seconde pharmacie très agressive sur les prix. « Ce n’est pas parce que vous avez la concurrence d’un discounter que votre officine ne travaille pas », tempère-t-il.