Les apparences sont trompeuses en Bretagne

Réservé aux abonnés
Publié le 12 mars 2022
Par Francois Pouzaud
Mettre en favori

La région a la particularité de compter 26 communes dépourvues d’officine dont la population dépasse 2 000 habitants. Une ouverture de pharmacie par transfert est-elle envisageable en Bretagne ? Visite.

Le 1er janvier 2022, les données de population millésimée 2019 sont devenues officielles. Il apparaît ainsi que les 1 208 communes bretonnes totalisent 3 354 854 habitants. « En six ans, le nombre d’habitants a augmenté de plus de 96 000 », fait remarquer Anne Lefebvre, pharmacienne consultante. Les communes d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan sont globalement les plus dynamiques.

Les officines bretonnes sont majoritairement des structures de petite taille. Avec 1 022 pharmacies libérales actuellement en activité, la densité officinale de cette région s’établit à 3 283 habitants par pharmacie. En fait, cette densité reste comprise entre 3 120 et 3 220 habitants par pharmacie dans les Côtes-d’Armor, le Finistère et le Morbihan, mais elle atteint 3 586 habitants par pharmacie en Ille-et-Vilaine. « Cette différence est la conséquence de la croissance démographique soutenue (+ 9 993 habitants par an) de l’Ille-et-Vilaine par rapport aux autres départements bretons », explique Anne Lefebvre.

Le maillage officinal régional est tel que les 1 022 pharmacies se répartissent au sein de 44 % des 1 208 communes de la région, laissant ainsi 681 communes dépourvues d’officine, soit 18 % de la population régionale.

« Cette situation est particulièrement visible sur la carte des données locales de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) où apparaissent 113 communes contiguës dépourvues d’officine réparties principalement dans les Côtes-d’Armor et le Finistère, détaille la consultante. Elles rassemblent plus de 70 000 habitants. »

L’administratif ne fait pas la viabilité

Parmi les 26 communes sans officine et dont la population dépasse 2 000 habitants, certaines sont issues du regroupement de plusieurs anciennes communes. C’est le cas des Rives-du-Couesnon (2 886 habitants) ou des Portes-du-Coglais (2 391 habitants). « En général, même quand la population dépasse le seuil de 2 500 habitants nécessaire à l’ouverture d’une pharmacie, l’implantation d’une officine y est difficile, souligne cette consultante. Ce sont des communes d’une superficie importante, dont les habitations sont réparties en plusieurs petits hameaux, où il est compliqué de déterminer un site d’accueil optimal pour une officine. Administrativement, une ouverture de pharmacie y est possible mais, économiquement, cette officine ne serait pas forcément viable. »

Publicité

La Bretagne, terre totalement fermée aux transferts ? Non ! A une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Vannes, la population de la commune de Plougoumelen (Morbihan) a enfin dépassé 2 500 habitants, au 1er janvier 2022. Disposant de deux écoles primaires, d’un cabinet médical (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, orthophoniste, ostéopathe), elle accueillera sans doute rapidement une pharmacie.

Les 26 communes bretonnes de plus de 2 000 habitants sans officine

Finistère (5) : Dirinon, Logonna-Daoulas, Clohars-Fouesnant, Pencran, Hanvec

Morbihan (6) : Plougoumelen, Marzan, Treffléan, Landaul, Forges-de-Lanouée, Berric

Côtes-d’Armor (2) : Saint-Alban, Pommeret

Ille-et-Vilaine (13) : Rives-du-Couesnon, Les Portes-du-Coglais, Cintré, Saint-Didier, Saint-Armel, Saint-Père-Marc-en-Poulet, Saint-Thurial, Chevaigné, Javené, Brécé, Vignoc, Domalain, Gosné