« L’apport personnel n’est pas le plus important à prendre en compte »

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Publié le 17 février 2018 | modifié le 28 décembre 2024
Par Francois Pouzaud
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Sorti de la faculté de Grenoble (Isère), Pierre Rouveure, primo-accédant de 34 ans, a repris en mars 2017 une pharmacie à Echirolles, une commune située au sud de l’agglomération grenobloise. Pour démarrer son activité, il a pu compter sur un allié de poids : l’une des deux cédantes.

Cette pharmacie moyenne (1,5 million d’euros de chiffre d’affaires)d’Echirolles (Isère) ne manque pas d’attrait pour ce jeune titulaire désireux de valoriser son diplôme. Avec la proximité de 3 médecins généralistes et 2 spécialistes, « la pharmacie réalise plus de 85 % de son activité en délivrance d’ordonnances », précise Pierre Rouveure, installé depuis mars dernier. De plus, l’officine dessert un quartier où toutes les tranches d’âge sont représentées. Un gage d’assurance pour élargir l’offre de la pharmacie et répondre à de nouveaux besoins. Surtout en parapharmacie où il a commencé par étoffer ses gammes en laits infantiles, en hygiène buccodentaire et en savonnettes.

Autre gage de succès : il a repris une officine exploitée depuis 30 ans par deux pharmaciennes qui, pour pouvoir prendre leur retraite, ont cédé leur fonds à un prix très raisonnable pour le secteur. Leur chiffre d’affaires était, par ailleurs, en légère baisse. Un contexte favorable pour cette transmission générationnelle qui a permis à Pierre Rouveure d’acheter cette officine pour une valeur inférieure à la moitié de son chiffre d’affaires et correspondant à 3,1 fois l’excédent brut d’exploitation. « La pharmacie dégage une bonne rentabilité en raison notamment d’un loyer très faible », indique-t-il. De ce fait, son apport personnel, couvrant 16 % des besoins en financement, suffit largement à sécuriser son installation sur le plan financier. « J’ai obtenu l’accord de financement de quatre banques même si trois d’entre elles ont exigé que mon conjoint se porte caution pour cet achat en raison de l’absence de contrat de mariage », précise-t-il. Selon lui, c’est le compte d’exploitation prévisionnel dégageant chaque année un résultat bénéficiaire qui a été déterminant auprès d’elles. « L’apport personnel n’est pas le critère le plus important à prendre en compte car la banque s’assure avant tout que le solde annuel entre les dépenses et les recettes soit positif et que le prix d’achat permette de rembourser l’emprunt ».

Un titulaire bien épaulé

De l’équipe existante, Pierre Rouveure n’a conservé qu’une préparatrice expérimentée à temps plein. « J’ai recruté un adjoint à plein temps et un autre à mi-temps présent une douzaine d’heures par semaine ». Ce titulaire peut aussi compter sur l’accompagnement d’une des deux cédantes qui travaille dans l’officine en tant que salariée deux jours et demi par semaine. « Elle connaît bien les clients, leurs habitudes… sa présence tranquillise la patientèle », constate-t-il.

Si le changement de direction s’est fait en douceur en front office, en back office c’est bien lui qui est seul aux commandes du navire. Il a marqué son empreinte dès les premiers jours en changeant de groupement (celui-ci étant trop directif au niveau des achats) pour rallier Pharm-UPP, le groupement de son grossiste avec lequel il se sent plus en phase.

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Pour gagner de la marge sans obérer sa trésorerie, ce pharmacien a aussi fait le choix d’augmenter ses achats directs. Lors de son année d’installation, il a consacré beaucoup de temps à rencontrer les délégués commerciaux des laboratoires, au détriment du comptoir. Bilan de l’année : un chiffre d’affaires en légère baisse largement compensé par une hausse de la marge. En 2019, il entend s’attaquer à d’autres chantiers : effectuer des travaux d’aménagement, poursuivre le développement de la parapharmacie, dynamiser l’orthopédie et le secteur du matériel médical… 

Pierre Rouveure, installé depuis un an à Echirolles, constate une augmentation de la marge, que compense une légère baisse de chiffre d’affaires.