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Faut-il apporter plus que 20 % ?
Lorsque l’on s’installe, il est conseillé de disposer d’au moins 20 % d’apport personnel pour financer l’acquisition d’une pharmacie. Mais rien n’empêche d’apporter plus que le minimum recommandé. Dans ce cas, est-ce opportun ?
Compte tenu des taux de rendement des marchés financiers, les candidats à l’installation peuvent s’interroger sur l’opportunité de majorer leur apport au-delà du minimum nécessaire, s’ils le peuvent. D’après les statistiques du groupement CGP, l’apport moyen est de 23 % du prix d’achat en 2014. « Cependant, la différence entre le prix d’acquisition et la valeur économique de l’officine, mesurée par le niveau de l’excédent brut d’exploitation, doit être le plus souvent financée par un apport personnel supplémentaire », rappelle Olivier Desplats, expert-comptable du cabinet Flandre Comptabilité Conseil (groupement CGP).
Le montant de l’apport dépend donc du prix d’achat et de la rentabilité de l’officine par rapport à ce prix. Ainsi, les officines dégageant une rentabilité plus faible nécessitent un apport personnel plus élevé.
Majorer son apport permettra mécaniquement d’emprunter moins et d’alléger les échéances annuelles et, éventuellement, les garanties bancaires, le banquier considérant, de ce fait, que le risque pour l’emprunteur est moindre.
En outre, un apport personnel plus important aura des conséquences directes sur le montant de trésorerie disponible à cinq ans. Par exemple, une officine est achetée à 1 600 000 €, avec une rémunération du titulaire de 64 000 € (coefficient 600). En cas d’apport de 20 %, soit 320 000 €, la trésorerie disponible au bout de 5 ans sera de 228 000 €. En cas d’apport de 30 %, soit 480 000 €, elle sera de 300 000 €.
Le devenir du surplus de trésorerie
La question du niveau de l’apport renvoie à une autre question : que faire du surplus de trésorerie dégagé par l’officine du fait des échéances allégées ?
Plusieurs voies s’ouvrent au futur titulaire :
– majorer sa rémunération pour satisfaire des contraintes budgétaires familiales ;
– raccourcir la durée de l’emprunt : il peut être judicieux, dans le cadre d’un projet à double détente (dans l’hypothèse d’un réagencement à moyen terme par exemple), de mettre en place une durée plus courte que les douze ans de crédit habituels ;
– conserver le surplus de trésorerie au sein de la SELARL (ou la SPF-PL…) et se constituer une cagnotte pour financer un projet futur (transfert, regroupement, prise de participation, travaux…).
« La réflexion à mener doit être globale et intégrer le point de vue patrimonial du candidat acquéreur. Tout apporter dans son projet professionnel peut comporter un risque », conseille Olivier Desplats.
Ainsi, s’il existe un endettement privé, peut-être est-il préférable d’utiliser ce « surplus » de trésorerie pour se soulager de cet endettement par remboursement anticipé et ainsi basculer d’un emprunt privé vers un emprunt professionnel dont les intérêts seront déductibles. Cela permettra de limiter la rémunération du titulaire, peut-être lourdement taxé.
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