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Publié le 2 juin 2012
Par Francois Pouzaud
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Les difficultés des titulaires sont liées au niveau d’endettement, souvent trop élevé, contracté lors de l’acquisition. Or, le prix de vente doit être déterminé en fonction de l’excédent brut d’exploitation (EBE) et rapproché de la rémunération souhaitée afin de déterminer la capacité d’endettement. Explications.

Avant de se lancer tête baissée dans l’achat d’une officine, une étude financière doit établir si l’outil de travail pourra procurer au pharmacien le revenu souhaité, sachant que son coefficient sera de 600 (63 000 €/an charges patronales comprises) ou de 800 (84 000 €/an charges patronales comprises). « Il convient de déterminer l’offre d’acquisition à hauteur de sa capacité d’endettement », prévient Jean-Marie Sabourin, expert-comptable dans le réseau CGP, comme en témoigne l’analyse financière ci-contre selon trois niveaux de chiffre d’affaires. Dans ces trois exemples, la capacité de remboursement est déterminée pour un prêt de 12 ans au taux de 3,80 %. Elle augmente en fonction de la taille de l’officine, de même que la rémunération du titulaire.

La pharmacie doit être en adéquation avec l’apport

L’apport personnel minimum doit financer les frais d’acquisition, équivalant à 10 % du prix de cession. Il doit aussi couvrir les travaux, le besoin en fonds de roulement et la trésorerie initiale, laquelle représente environ 5 % du chiffre d’affaires (HT). « En valeur absolue, l’apport personnel augmente avec la taille de l’officine à acquérir, mais diminue en valeur relative pour la plus grosse officine en raison d’une meilleure rentabilité. Car plus l’officine est importante et rentable, plus on peut avoir un prix de cession élevé », constate l’expert-comptable. Le marché a déjà répercuté, sur les prix de cession, la taille des officines, mais il est indispensable que les acquéreurs tiennent compte des critères de rentabilité. « Dans un processus d’acquisition, il est nécessaire de privilégier le revenu et d’adapter le projet en fonction de l’apport, c’est-à-dire de s’orienter vers une taille de pharmacie en adéquation avec le montant de son apport. » L’attention doit aussi être portée sur le rapport entre endettement et rentabilité : si le niveau d’endettement devient trop élevé au regard de la rentabilité, la variable d’ajustement sera inévitablement le prix d’acquisition.

La rentabilité de l’investissement correspond à la rémunération de l’apport personnel (au moins égal aux intérêts qui seraient perçus dans un placement sur les marchés financiers). Par exemple, pour un rendement annuel de 10 %, un apport personnel de 250 000 € donnera au terme de 10 ans 650 000 €. Pour générer un tel capital net de fiscalité, il faut dégager un prix de cession de 880 000 €. Si le pharmacien achète la même officine avec un apport de 400 000 €, au bout de 10 ans il faut dégager un prix de cession de 1 490 000 euros.

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