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« Sourire des situations les plus complexes, c’est possible par le dessin »
Allan Mimouni se dit timide. C’est pourtant sans retenue que cet adjoint de 36 ans affiche, sur les réseaux sociaux, ses dessins illustrant sa vie à l’officine. Le dessin humoristique lui a redonné goût à son métier. Esquisse d’un pharmacien à la moquerie bienveillante.
L’histoire commence en 2007 sur les bancs de la faculté de pharmacie de Paris V où Allan Mimouni fait ses études. Il essuie alors un flop pour le poster qu’il a dessiné sur le thème de la toux présenté à un concours de communication. Un de ses professeurs repère cependant son coup de crayon et lui propose de l’utiliser pour réaliser une thèse d’exercice originale. Il travaille alors pendant deux ans sur une bande dessinée destinée aux enfants atteints de drépanocytose. La possibilité de s’exprimer avec le dessin vient de devenir une réalité.
Le choix de la raison
S’il n’a jamais suivi de formation à ses techniques, il pratique cet art depuis toujours. Mais après un bac scientifique, c’est vers la pharmacie que son choix de carrière se porte « J’aurais aimé suivre une formation de dessin, mais ça me paraissait trop abstrait de me lancer dans cette voie artistique si jeune. J’ai besoin de savoir où je vais, alors je me suis d’abord empressé d’obtenir un diplôme plus rassurant. » Il s’investit pleinement dans ses études de pharmacie dans l’idée, ensuite, de pouvoir faire une école d’art. « A 23 ans, mon diplôme de pharmacien en poche, j’ai finalement commencé à travailler et à voyager beaucoup. Mon projet artistique s’est arrêté là. »
Les réseaux sociaux, une vitrine idéale
En 2018, Allan se lance un nouveau défi. Devant l’insistance d’un ami administrateur sur Facebook du groupe privé Tu sais que tu es pharmacien, il publie un premier dessin sur la page du groupe qui remporte tout de suite un franc succès. Fort de cette expérience positive, Allan reprend le crayon et s’impose un rythme soutenu en publiant un dessin tous les deux jours pendant un an. Une production partagée sur différents groupes. En 2019, il décide de créer sa propre page, « Al Mi, la vie en pharmacie », pour bénéficier d’une meilleure visibilité et se rapprocher de ses fans, puis un compte Instagram en 2020. Aujourd’hui, il publie un dessin deux fois par semaine et ses comptes rassemblent respectivement 16 000 et 4 000 abonnés. « Je connaissais Facebook, cependant je n’étais pas très familier avec Instagram et Twitter. Je ne suis d’ailleurs toujours pas très habile ! Mais les réseaux sociaux restent la meilleure vitrine pour toucher un large public. »
Au départ, Allan imagine un superhéros, le « vengeur pharmasqué », qui règle les situations complexes de l’officine. « Son masque est particulier, c’est comme un bonnet de bain, pour faire le grand plongeon dans le milieu de l’officine », s’amuse-t-il. « Et puis, comme on ne voit pas son visage, tout le monde peut s’identifier à ce personnage. » Finalement, le principal superpouvoir de ce héros ordinaire est de transformer les situations les plus périlleuses au comptoir en événements cocasses et décalés. « La période du Covid-19 a été dure. On a vécu une expérience presque irréelle. Le dessin a permis de dégoupiller la tension. » Car Allan manie avec agilité l’autodérision et se plaît à rechercher le détail hilarant dans des situations à première vue difficiles. « J’adore me moquer de tous et de moi-même. Ma seule limite : ne jamais être méchant. Je tente de ne pas tenir un discours condescendant ou arrogant. J’aime mes patients, même les plus désagréables. J’essaie de garder toujours un regard bienveillant. »
Un regard curieux et amusé sur la profession
« Mon inspiration vient principalement de mon expérience personnelle. Je prends des notes avec mon portable, entre deux délivrances. » Cette activité a relancé l’intérêt de ce jeune pharmacien pour son métier. « Après 10 ans au comptoir, je ressentais une certaine lassitude. Maintenant, je pars au travail avec l’excitation de trouver une situation qui fera l’objet d’un dessin. Ça m’oblige à être attentif, à porter un regard curieux et amusé sur les gens et mon exercice professionnel. » Les commentaires des abonnés sur les réseaux lui ont fait prendre conscience qu’il existe une solidarité entre pharmaciens. « A un moment donné, certains aspects pénibles de la profession m’ont amené à envisager une réorientation. Puis je me suis aperçu que de nombreux confrères vivaient la même chose et appréciaient de se retrouver dans mes publications. Ça m’a rassuré. J’ai décidé de rire et de faire rire de ses situations qui nous agacent au quotidien ». Depuis, s’est installé un cercle vertueux : « Je suis content d’aller travailler pour trouver des idées, content de rentrer chez moi le soir pour dessiner, puis le lendemain, content de partager mon dessin. » Allan met entre 2 et 3 heures à réaliser chacun d’entre eux entièrement à la main.
Alors que débute la quatrième saison des publications de ses dessins sur Facebook, il réfléchit à de nouveaux projets. « Depuis longtemps, l’idée me taraude de les publier sous la forme soit d’une bande dessinée, soit d’un recueil. »
BIO Allan Mimouni
2008 Adjoint dans une officine du 17e arrondissement de Paris où il exerce toujours
2010 Présentation d’une bande dessinée sur la drépanocytose pour sa thèse d’exercice en pharmacie
2018 Publication de ses premiers dessins sur les réseaux sociaux
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