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ILS TIRENT ENCORE LEUR ÉPINGLE DU JEU
La part des médicaments prescrits en établissements de santé et dispensés en ville a progressé de l’ordre de 5 % en 2011 et ce taux d’évolution se maintient au même niveau sur les huit premiers de l’année 2012.
Concernant les ventes de médicaments, l’hôpital reste un secteur plus dynamique que la ville : la croissance des ventes globales est de l’ordre de + 3 % en 2011. Néanmoins, les prévisions d’IMS Health sont pessimistes et annoncent un marché en passe de devenir atone fin 2012 (0 %), en raison notamment de l’encadrement des « médicaments de la liste en sus » à + 2 % en 2012. L’apparition de génériques de produits innovants et coûteux dans la classe des anticancéreux contribue à la baisse des prix des médicaments hospitaliers.
En revanche, la part de médicaments chers prescrits à l’hôpital et dispensés en ville continue de progresser, de l’ordre de 5 % l’an dernier en moyenne. Sur le plan microéconomique, le transfert du CA médicaments de l’hôpital vers les officines a crû jusqu’à 11 %, selon les établissements de santé (source : IMS health). Toujours en 2011, près de 9,8 % des boîtes prescrites et remboursables provenaient d’ordonnances hospitalières. Les chiffres clés des 7 premiers mois de 2012 ne montrent pas d’essoufflement des ventes en ville de médicaments issus de prescriptions hospitalières. En évolution également de + 5 % par rapport à la même période de 2011, elles représentent un chiffre d’affaires de 2,735 milliards d’euros (en prix fabricant hors taxes), soit 23,7 % des ventes de médicaments sur prescriptions. Sur la même période, les ventes de médicaments prescrits par des médecins libéraux (elles représentent 76,3 % de l’ensemble des prescriptions) ont régressé de 3,3 % en CA, tirant ainsi l’ensemble des ventes de médicaments remboursables vers le bas à 11,305 milliards d’euros (-? 1,8 %, source : IMS Health PharmaNews).
En officine, les médicaments chers d’origine hospitalière sortent au fil de l’eau. « Les ventes des médicaments sortis de la réserve hospitalière restent un facteur d’amortissement de la baisse d’activité des officines, mais la croissance de ce marché spécifique ne suffit pas à compenser la chute du CA sur le médicament remboursable », constate Gilles Bonnefond, président de l’USPO. Selon lui, la sortie de médicaments hospitaliers récents et chers va se ralentir en raison des pressions exercées sur les autorités sanitaires et du principe de précaution. « Le nombre de patients en ville éligibles à ces médicaments ne progresse plus et il n’y a plus de volonté d’optimiser des traitements hospitaliers administrés par voie entérale ou parentérale en facilitant l’instauration en ville d’une alternative thérapeutique plus légère par voie orale », regrette-t-il.
Les nouvelles conditions d’utilisation des médicaments orphelins sont révélatrices de la mainmise de la régulation économique sur l’accès à des produits souvent très chers. Introduite par la loi du 29.12.2011, la recommandation temporaire d’utilisation, qui encadre les prescriptions hors AMM, est vivement critiquée par les associations de patients. Ce nouveau dispositif introduit davantage de complexité et de lenteur dans la mise à disposition en utilisation temporaire, sésame de la prise en charge par l’assurance maladie.
SORTIES HOSPITALIÈRES : LA PROPOSITION DE L’USPO
Le déploiement du dossier pharmaceutique (DP) en établissements de santé facilitera le partage d’informations entre la ville et l’hôpital, mais « le DP n’a pas été conçu comme un outil de coordination des soins », signale Gilles Bonnefond. Il milite pour une mise sous surveillance de l’utilisation des médicaments nouveaux et chers gérée par le couple médecin-pharmacien. « Celui-ci pourrait être chargé de remonter des informations en temps réel aux autorités sanitaires, plutôt que de laisser l’industrie pharmaceutique piloter le dispositif au travers d’un plan de gestion des risques. Cela permettrait à ces médicaments d’être mis plus rapidement sur le marché de ville, sans renier le principe de précaution, et pourrait donner lieu à des rémunérations spécifiques », imagine le président de l’USPO.
Lexique
• Médicaments de la liste en sus
Si tous les médicaments administrés durant le séjour du patient sont financés au titre des prestations d’hospitalisation, un dispositif dérogatoire, décrit à l’article L. 162-22-7 du Code de la Sécurité sociale, est prévu afin de garantir le financement, en sus des prestations d’hospitalisation, des produits particulièrement onéreux dont l’introduction dans les tarifs des groupes homogènes de séjour (GHS) n’est pas adaptée. Ces spécialités sont inscrites sur la liste dite « des médicaments facturables en sus des prestations d’hospitalisation ».
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