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Publié le 30 mars 2019 | modifié le 26 septembre 2025
Par Francois Pouzaud
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Etes-vous favorable à un assouplissement des règles pour la vente en ligne des médicaments ?

Philippe Damon, Le Rheu (Ille-et-Vilaine)

Par principe, je dis non pour bien mettre en avant les particularités de santé publique attachées à la vente de médicaments, y compris sur la médication familiale, mais aussi pour préserver l’accès des médicaments à tous les Français. Dans son rapport, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, alerte sur le recul des services publics dans les campagnes et sur la fracture numérique en France. Les agences physiques ferment tandis que leurs services se digitalisent de plus en plus. Mais tout le monde n’a pas les mêmes facilités à répondre à un questionnaire de santé détaillé en ligne. En assouplissant les règles de la vente en ligne, il ne faudrait pas dégrader notre système de dispensation du médicament au profit de plus de commerce. Mais le vrai sujet, au fond, qu’Edouard Philippe souhaite régler, c’est celui de la distorsion des prix entre les pharmacies.

François Prevete, La Valette-du-Var (Var)

Assouplir les règles ? C’est une question que je me suis déjà posée et à laquelle je ne trouve pas de réponse. Assouplir pour faciliter le regroupement des pharmaciens sur une plateforme qui permettra de mutualiser les coûts, je dis oui ! Au niveau des groupements ou via leurs partenaires, il existe des centrales d’achat pharmaceutiques et des plateformes de stockage. Tout ce qui est en amont de la vente du médicament pourrait de la même façon être sur une plateforme de e-commerce créée spécialement pour leurs adhérents, dès lors que la délivrance reste aux mains du pharmacien. Donc un assouplissement pour des pharmaciens groupés peut m’inciter à dire oui. En revanche, c’est non si on se place en tant que pharmacien isolé qui entend le rester. Il n’a pas intérêt que les conditions de vente sur Internet se libéralisent sinon il perdra des flux.

Martin Paré, Bourg-en-Bresse (Ain)

De prime abord, je ne me sens pas concerné par cette question car je ne crois pas à la vente de médicaments sur Internet. Quand un patient a besoin rapidement d’un médicament, il ne le commande pas sur un site. En revanche, je crois profondément à mon métier et aux relations humaines. Je préfère donc investir sur l’humain plutôt que sur Internet. Même si la vente en ligne n’est pas mon choix, je peux comprendre qu’un assouplissement des règles puisse permettre à la profession de mieux s’organiser sur ce marché soumis à la concurrence étrangère. Mais il faut que ces évolutions s’inscrivent dans le respect des bonnes pratiques de dispensation des médicaments par voie électronique et dans le souci, bien sûr, de préserver la sécurité des patients.