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Economie 2021 : l’activité Covid-19 compense à peine les futures pertes
L’année 2021 a très mal commencé pour la pharmacie. Son chiffre d’affaires (CA) total a chuté en moyenne de – 2,45 % en janvier et de – 3,83 % en février. La croissance n’est plus tirée par les médicaments chers puisque l’évolution du CA sur le remboursable est en négatif, de même que les ventes de dispositifs médicaux inscrits à la LPP s’effondrent.
C’est d’autant plus inquiétant que ce mauvais départ sera aggravé par un mois de mars catastrophique en comparaison à mars 2020 où le CA a flambé avant le tout premier confinement. Cette chute de l’activité se traduit par une très forte baisse de la marge sur le médicament remboursable (honoraires compris), de – 11,7 % et de – 11 % sur ces deux premiers mois de l’année, respectivement.
Toutefois, ces chiffres n’incluent pas la rémunération mensuelle sur les tests antigéniques (60 M€/mois pour 11 000 officines réalisant ces dépistages), la délivrance de masques de protection (15 M€/mois pour 21 000 officines) et la vaccination anti-Covid-19 (60 M€ pour 18 400 officines effectrices), soit un total de 135 M€ par mois et de 1,62 Md€ sur 12 mois.
Cette manne ne sera pas de trop pour maintenir l’économie de l’officine à l’équilibre car les prévisions d’activité d’Iqvia pour 2021 ne laissent pas augurer de reprise de la croissance, au mieux une stabilisation sur le remboursable. « On peut prévoir en 2021 la poursuite d’un niveau bas des ventes de produits non remboursables de vente libre et de la parapharmacie pour les mêmes raisons qu’en 2020 », a expliqué Jean-Marc Aubert, président d’Iqvia France lors de l’assemblée générale de la Fédération des syndicats pharmaceutique de France (FSPF). Avec la crise sanitaire, les tendances observées l’an dernier seront reconduites, à savoir une baisse de 20 % des consultations médicales et des prescriptions, une baisse des pathologies saisonnières (- 38 % pour les diarrhées aiguës et – 2 % pour la grippe en 2020) et une baisse entre 20 % et 40 % de la population dans les grandes agglomérations en raison de l’accroissement du télétravail et de la fuite de ces zones de concentration. En revanche, l’e-commerce en officine continuera de progresser (200 M€ en 2020, + 26,3%, 0,5 % du CA).
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