© homéopathie, Boiron, déremboursement, FSPF - DR
Déremboursement de l’homéopathie : à quel prix vendre les doses et les tubes de granules ?
L’homéopathie est déremboursée depuis le 1er janvier, avec pour conséquence un changement de TVA (2,5 % à 10 %), une baisse prévisible des volumes et un prix de vente qui devient libre. Chaque pharmacien doit déterminer un prix de vente au public lui garantissant une certaine marge.
Avant le déremboursement, le prix d’achat HT (PAHT) pharmacien du tube de granules (TG) était de 1,21 €, et le prix de vente TTC (PVTTC), honoraire de dispensation inclus, de 2,35 €. Soit une marge de 1,09 € avant remise (au demeurant faible : 2,5 % au maximum).
Le tube dose (TD), qui était au PAHT de 1,06 € et au PVTTC de 2,1 €, dégageait pour sa part une marge pharmacien de 1 €.
Après déremboursement, le nouveau tarif au catalogue de Boiron est de 2,68 € pour le TG et 2,5 € pour le TD. Avec application d’une remise au minimum de 30 % et au maximum de 40 %, soit un PAHT de 1,61 € à 1,88 € pour le TG et de 1,50 € à 1,75 € pour le TD, en appliquant les prix de vente conseillés par Boiron (respectivement de 2,95 € pour le TG et de 2,75 € pour le TD), on obtient une marge pharmacien variant de 0,80 € à 1,07 € pour les TG et de 0,75 € à 1,00 € pour les TD.
« Pour avoir la même marge qu’avant, un pharmacien n’ayant que la remise minimum (30 %), devrait donc vendre ses tubes de granules à 1,88 € + 1,09 € + TVA 10 %, soit 3,27 € TTC, et avec la remise maximum (40 %) : 1,61 € + 1,09 € + TVA 10 %, soit 2,97 € TTC, soit pratiquement le prix conseillé par Boiron », analyse Denis Millet, président de la commission études et stratégie économiques à la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).
En suivant le même raisonnement pour les TD, le pharmacien doit vendre : 1,75 € + 1 € + TVA 10%, soit 3,03 € TTC si sa remise est de 30 %, et s’il obtient la remise maximum (40 %), le PVTTC sera de 1,5 € + 1 € + TVA 10 %, soit 2,75 € qui est le prix conseillé par Boiron.
La marge restante pour les pharmaciens n’ayant obtenu que 30 % de remise, s’ils appliquent les prix conseillés, sera de 0,80 € pour les TG et de 0,75 € pour les TD.
« Les différences de remise vont entrainer une position concurrentielle avantageant les plus grosses officines, déplore-t-il. On peut penser qu’une majorité de pharmaciens va appliquer les prix conseillés et essayer d’obtenir le maximum de remise de son fournisseur. »
Prix bas : le jeu n’en vaut pas la chandelle
Cependant, une politique de prix bas sera difficile à rentabiliser. Par exemple, une baisse du PV TTC à 2,50 € d’un TG, soit 0,45 € d’écart qui parait nécessaire pour marquer sa différence avec la concurrence, la perte de marge sera de 0,41 € par tube, soit une marge restante de 0,68 € pour le pharmacien, et donc une perte de marge de 37,6 %.
Conséquence : pour récupérer une marge identique de 1,09 €, il devra vendre 1,6 tubes, soit une augmentation de 60 % des ventes. Un pari risqué selon Denis Millet : « pour quelques centimes, les patients seront-ils prêts à aller chercher un prix loin de chez eux ? ».
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