Conditionnements trimestriels : « arrêtez de les stocker ! », dit l’USPO

© Grand conditionnement, conditionnement trimestriel, délai écoulement des stocks, USPO - Pixabay

Conditionnements trimestriels : « arrêtez de les stocker ! », dit l’USPO

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Publié le 10 septembre 2020
Par Francois Pouzaud
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La réduction du délai d’écoulement des stocks de 50 à 38 jours, applicable aux pharmaciens de métropole à compter du 1er octobre en cas de baisse de prix des médicaments remboursables, risque d’avoir des conséquences économiques très dommageables pour l’officine, en particulier avec les conditionnements trimestriels. « Les pharmaciens risquent une triple peine », a alerté Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), en conférence de presse, mercredi 9 septembre.

Primo, les pharmaciens subiront une perte directe en achetant au prix antérieur et en revendant au nouveau prix, plus bas, après l’expiration du délai de 38 jours. Secundo, les grands conditionnements lèsent l’économie de l’officine, compte tenu de la décote de 10 % appliquée sur la marge de ces boîtes trimestrielles par rapport à celle sur les conditionnements mensuels.  Et une perte de marge encore plus importante pour certains grands condionnements qui n’ont pas le statut de conditionnement trimestriel (Lévothyrox, calcium, certains collyres…). Tertio, il y a un manque à gagner en ne facturant pas autant d’honoraires de dispensation que lors d’un renouvellement de boîte mensuelle.

Pour ces trois raisons économiques, il invite les pharmaciens à ne pas stocker les conditionnements trimestriels. « Avec ces médicaments, le pharmacien est pénalisé financièrement alors qu’il devrait, au contraire, avoir une incitation financière en les délivrant car l’objectif des grands conditionnements est de favoriser le bon usage des médicaments et d’améliorer l’observance des patients », développe-t-il.

Substitution : un article 66 à revoir

Autre sujet dans le collimateur de l’USPO en cette rentrée : le contournement de l’application de l’article 66 de la Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2019 par l’usage abusif de la mention « CIF » et l’industrialisation de la méthode pour tuer la concurrence des génériques : elle consiste pour le princeps à aligner volontairement son prix sur celui du générique, parfois avant même la commercialisation de ce dernier (c’est le cas cet été sur un dosage du princeps Ursolvan jusqu’ici non génériqué), et à porter le message jusque dans le logiciel d’aide à la prescription des médecins.

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Résultat : le taux de pénétration des génériques a chuté de 85,3 % en février à 82,8 % en juillet (source : GERS). Gilles Bonnefond demande que l’article 66 soit revu dans le PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) pour 2021 pour « gommer les effets délétères de cet article et ne garder que les effets efficaces. »