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Un bilan 2018 en demi-teinte
Les premiers chiffres du bilan économique 2018 sont tombés. Après un an d’application de l’avenant n°11, l’année écoulée ressort comme une année de transition. Eclairage avec les statistiques du cabinet AdequA.
Pharmacien Manager. Dans vos statistiques, le chiffre d’affaires HT moyen de 2,15 M€ en 2018 ne progresse que de 0,9 %. N’est-ce pas surprenant compte tenu de l’envolée des produits chers ?
Olivier Delétoille. Dans nos moyennes professionnelles réalisées à partir de bilans de 152 officines clôturés en 2018, les médicaments chers ont progressé de près de 20 % en valeur. Nous aurions dû, en toute logique, assister à un redécollage de l’activité, mais il n’en a rien été. Cette faible croissance de 0,9 % est le résultat de deux tendances structurelles ; d’une part l’augmentation des médicaments chers à faible marge, d’autre part les fortes baisses de prix sur les médicaments remboursables. Cela prouve que le gouvernement sait parfaitement piloter la rémunération de l’officine, en jouant sur cette éternelle variable d’ajustement qu’est le prix du médicament.
P.M. En effet, la marge évolue peu également (- 0,09 % en valeur)…
O.D. Si cet indicateur est stable, en revanche, le taux de marge s’infléchit de 0,3 point à 30,98 %, alors qu’on pouvait s’attendre à un tassement plus fort avec l’impact des médicaments chers. Malgré leur poids croissant dans le chiffre d’affaires à 2,1 % de TVA, qui passe de 23,03 % en 2017 à 27,61 % en 2018, la part du médicament remboursable est en déclin régulier, baissant environ de 1 % chaque année. En 2018, sa contribution au chiffre d’affaires global n’est plus que de 70 %.
P.M. Les frais de personnel grimpant plus vite que l’inflation (+ 2,15 %), cela se ressent-il sur la rentabilité de l’officine ?
O.D. La rentabilité (mesurée par la PCG – Performance Commerciale et de Gestion), exprimée en pourcentage du chiffre d’affaires, tourne autour de 14 % depuis plusieurs années. En valeur, la rentabilité n’évolue plus. Elle se stabilise, malgré une implication de plus en plus forte des titulaires et un renforcement de leurs compétences entrepreneuriales. Enfin, sur le plan financier, les officinaux sont plus prévoyants et anticipent. Cela se traduit depuis plusieurs années par une amélioration des équilibres bilanciels.
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