Pierre-Edouard Poiré construit ses prévisionnels

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Publié le 12 janvier 2013
Par Francois Pouzaud
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Un budget prévisionnel n’est jamais simple à réaliser dans le cadre d’une reprise d’officine. Mais que dire du transfert d’officine ! Pierre-Edouard Poiré revient sur cet exercice périlleux et difficile.

Etablir un budget prévisionnel est hasardeux quand il n’y a aucune antériorité d’activité, sur un lieu jusqu’ici vierge de toute officine. « Dans le prévisionnel, j’ai fixé une ligne de départ et une ligne d’arrivée, sans connaître la vitesse avec laquelle l’activité va progresser », expose Pierre-Edouard Poiré. Son objectif ? Un chiffre d’affaires de 2,5 M€ après trois ans d’activité. Il n’a pas été lancé au hasard. « J’ai consulté des confrères exerçant en centre commercial et d’autres ayant transféré leur officine dans des zones commerciales attractives sans pour autant qu’elle soit implantée dans la galerie marchande d’un hypermarché », raconte Pierre-Edouard Poiré. Le croisement des informations glanées lors de cette phase d’enquête lui a permis d’aboutir à quelques certitudes sur la fréquentation de l’officine et la montée en charge de l’activité dans le temps. « Une pharmacie de centre commercial récupère en moyenne 8 à 10 % de clients de l’hypermarché », précise Pierre-Edouard Poiré. A raison de 4 000 clients par jour, il table, dans ses prévisions, sur une fréquentation potentielle de l’officine de 350 à 400 personnes par jour.

Dans les premiers mois d’ouverture, l’activité est montée en charge timidement. « Du fait d’un espace client très ouvert sur la parapharmacie, la pharmacie n’a pas été identifiée comme telle. Les clients, pensant entrer dans une parapharmacie, ne nous présentaient pas d’ordonnances. » Peu à peu, les clients sont revenus, cette fois avec des ordonnances, et un rééquilibrage est sur le point de s’opérer. Il devrait se stabiliser autour de 60 à 65 % du chiffre d’affaires.

Des frais de personnel disproportionnés

Mais Pierre-Edouard Poiré a pris du retard par rapport à sa feuille de route, même si aujourd’hui le chiffre d’affaires croît de 10 % par mois. « Le démarrage a été trop lent, créant un décalage avec les prévisions établies. » Cette passe difficile, le pharmacien l’avait prévue. « J’avais planifié les difficultés de trésorerie car les charges d’emprunt augmentaient plus vite que les recettes », poursuit-il.

En outre, Pierre-Edouard Poiré a réglé pendant un an deux loyers – l’ancien et le nouveau local de la pharmacie – ainsi qu’un dépôt de garantie à l’ouverture du bail. Il a aussi dû supporter des frais de personnel disproportionnés au regard de l’activité poussive des premiers mois, créant de fait un sureffectif. Il a financé l’augmentation du stock (multiplié par 3) par des apports en compte courant. Le titulaire continue à rembourser un crédit vendeur et un premier prêt à la banque pour l’acquisition du fonds. A cela s’ajoutent deux nouvelles échéances mensuelles de remboursement d’un prêt finançant les travaux et le transfert ainsi qu’un prêt de 12 mois destiné à financer la TVA. Pierre-Edouard Poiré a obtenu, dans l’urgence, un découvert bancaire. Il a rassuré son banquier en lui présentant les progressions de chiffre d’affaires et la croissance prévisionnelle. Le plus dur est bientôt derrière lui. Depuis le 1er janvier, il ne paie plus qu’un seul loyer et le premier prêt est soldé.

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Le mois prochain, Pierre-Edouard Poiré fait une analyse de sa clientèle.