Le rythme s’accélère

Réservé aux abonnés
Publié le 14 novembre 2015
Par Francois Pouzaud
Mettre en favori

Les fermetures d’officines inquiètent le Conseil national de l’ordre des pharmaciens face à un mouvement qui, non seulement se poursuit, mais s’accroît. Selon un rapport d’étape de cette instance, 99 officines ont disparu en métropole au cours du premier semestre 2015, alors qu’elles étaient 123 sur l’ensemble de l’année 2014.

Les compteurs s’affolent : une officine ferme dorénavant tous les 1,83 jour contre 1 tous les 2,5 jours en 2014. Une précédente étude de l’Ordre menée en 2013 montrait que 500 officines avaient disparu depuis 2008. Sur la période de 2006 à 2015, ce sont près de 900. L’Ordre constate également que le taux annuel de fermeture, qui plafonnait à 0,25 % en moyenne de 2006 à 2010, a dépassé la barre des 0,5 % sur les 6 premiers mois de 2015. Toutes les régions sont concernées mais de manière différente, à l’exception de l’Alsace où les pharmacies sont de taille plus importante en raison de leur quorum historiquement plus élevé.

Néanmoins, la taille n’est pas une garantie absolue contre le risque de fermeture, même si aucune pharmacie ayant fermé n’avait un CA de plus de 1,6 M € et que le gros des fermetures se situe entre 1 M € et 1,3 M € de CA. En dehors des aspects démographiques (la majorité des fermetures sont recensées dans les communes de moins de 7 000 habitants), l’Ordre n’a pu isoler aucune corrélation franche entre fermeture et taille de l’officine.

Hausse des fermetures « sèches »

Autre enseignement : les fermetures dites « sèches », c’est-à-dire les restitutions volontaires de licence sans avoir pu vendre le fonds faute de repreneur, gagnent du terrain, passant de 36 % en 2013 à 43 % en 2015. Dans le même temps, la part des fermetures par cession de clientèle baisse de 45 % à 31 %. Ce qui dénote dans cette période difficile de la faible solidarité dans la profession, certains titulaires préférant attendre que le voisin « morde la poussière ».

Publicité

En raison des mutations du métier et de l’évolution des attentes des patients, les pharmaciens choisissent aussi le regroupement : + 7 points par rapport à 2013 (17 %). Une tendance qui pourrait s’accélérer dans les années à venir. Enfin, les fermetures par liquidation sont stables à 9 %.