La bronchiolite

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Publié le 5 février 2011
Par Nathalie Belin
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La bronchiolite est une infection virale aiguë des voies respiratoires du nourrisson. Son évolution est dans la grande majorité des cas favorable. L’hospitalisation est rarement nécessaire.

A quoi est due la bronchiolite ?

Infection respiratoire qui atteint les nourrissons de moins de 2 ans, le VRS (virus respiratoire syncytial) est en cause dans 60 à 90 % des cas.

Quels sont les signes cliniques ?

La bronchiolite, causée par une obstruction des bronchioles, entraîne une gêne respiratoire avec polypnée (passage de 35 à 60 cycles respiratoires/min). L’expiration est ralentie et sifflante. L’alimentation peut être difficile avec risque de fausses routes. La toux devient productive après quelques jours. Une rhinopharyngite précède la bronchiolite de 24 à 72 heures (rhinorrhée, toux sèche, pas ou peu de fièvre).

Quelle est l’évolution ?

L’infection est bénigne le plus souvent et évolue en 3 phases : aggravation des symptômes sur 3 à 5 jours, stabilisation sur 1 à 3 jours, puis amélioration progressive. La toux peut persister 2 à 3 semaines. Les formes graves (rares) concernent les prématurés, les nourrissons de moins de 3 mois ou les enfants ayant une maladie pulmonaire ou cardiaque.

Quels facteurs favorisent son apparition ?

A l’âge de 2 ans, 95 % des enfants sont porteurs d’anticorps anti-VRS. Or, seuls 20 à 30 % d’entre eux ont développé une bronchiolite. Les facteurs favorisants pourraient être des anomalies respiratoires préexistantes, le tabagisme passif, la virulence de l’épidémie, la garde en collectivité…

Quand hospitaliser ?

• Devant tout signe de gravité : apnées, cyanose, épuisement respiratoire (battement des ailes du nez), fièvre élevée, refus d’alimentation ou déshydratation (perte de poids de plus de 5 %).

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• En présence de certains critères : pathologie cardiaque ou pulmonaire, prématurité, nourrisson de moins de 6 semaines.

Quel est le traitement ?

Il repose sur la surveillance régulière de l’enfant et la mise en place de mesures symptomatiques pour améliorer son confort : maintien d’une bonne hydratation et nutrition en fragmentant les prises alimentaires, désobstruction nasale plusieurs fois par jour et avant chaque repas (instillations nasales de sérum physiologique, aspiration douce au mouche-bébé), couchage sur le dos avec la tête en position surélevée et aération de la chambre chaque jour.

La kinésithérapie respiratoire (à la phase productive) n’est pas systématique et dépend de l’encombrement de l’enfant.

Les bronchodilatateurs et corticoïdes inhalés ne sont indiqués qu’en cas d’asthme (évoqué à partir du 3e épisode de dyspnée sifflante).

Quelle prévention ?

En limitant la transmission du virus, directement (toux, éternuements d’une personne enrhumée) ou indirectement par les mains ou objets contaminés : laver fréquemment les mains à l’eau et au savon, éviter les contacts rapprochés avec le nourrisson en cas de rhume et porter un masque chirurgical, ne pas échanger biberons, sucettes, couverts non nettoyés, encourager l’allaitement au sein et la suppression du tabagisme familial (facteur aggravant d’hospitalisation).

Sources : « La Bronchiolite » « INPES, décembre 2010 ; Conférence de consensus, ANAES 2000 ; « Bronchiolite aiguë du nourrisson », Réseau Aquitaine bronchiolite et asthme du nourrisson, Septembre 2007 ; www.bronchiolite.org ; www.reseau-bronchio.org, « Cahier Moniteur Formation » du 12.1.2008.

LES CHIFFRES

• Chaque année en France, environ 460 000 nourrissons atteints, soit 30 % des 0-2 ans.

• Surtout entre 2 et 8 mois.

• Epidémie de mi-octobre jusqu’à la fin de l’hiver avec un pic unique en décembre.

• L’hospitalisation concerne 2 % des nourrissons de moins de 1 an.